6ème Semaine Africaine de l’Eau (SAE) : La CBLT brille de mille feux lors de la manifestation parallèle sur la gestion des eaux souterraines

Mercredi, 27 Juillet, 2016

La sixième semaine africaine de l’eau organisée à Dar-Es-Salam en Tanzanie,  a représenté une occasion en or pour la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) pour faire part de son portefeuille, de ses approches spécifiques, de sa méthodologie et des fruits de ses dernières recherches sur les eaux souterraines dans le bassin du lac Tchad. Tenu tous les deux ans, cet événement, initié par le Conseil des ministres africains de l’eau (AMCOW) en collaboration avec la Commission de l’Union africaine, avec le concours des partenaires au développement, constitue un cadre politique de haut niveau où plus de 1000 personnes issues de gouvernements, des institutions régionales, des partenaires internationaux, du secteur privé, de la communauté scientifique, de la société civile, des médias…, se retrouvent pour débattre et trouver ensemble des solutions aux défis auxquels sont confrontés les ressources en eau et l’assainissement du continent.

Le thème de cette année “ la réalisation des ODDs à travers la sécurité de l’eau et l’assainissement’’ était hautement important car lié à l’ODD N° 6 et à d’autres ODDs en relation avec la gestion des ressources en eau et l’amélioration de la qualité des services d’assainissement. Il démontre ainsi le souci de l’Afrique de mettre l’accent sur le lien entre les engagements et les plans d’action et les actions concrètes et leurs impacts à la base. Ce thème met aussi en exergue la détermination de l’Afrique à réaliser l’Agenda 2063, c’est-à-dire la stratégie globale du continent pour optimiser l’utilisation des ressources de l’Afrique au profit de tous les Africains.

L’un des plus grands bassins sédimentaires en ressources en eaux souterraines  d’Afrique, enregistrant une forte variabilité des précipitations (d’où un approvisionnement instable en eau de surface), la CBLT ne pouvait pas rester en marge d’un événement continental d’une telle envergure, centré sur l’eau, et qui de surcroît,  représente un engagement politique de premier plan pour une plate-forme d’échanges et de recherche des solutions aux défis auxquels sont confrontés  l’eau et l’assainissement.

Créée en 1964 par les pays riverains du lac Tchad (Cameroun, Tchad, Niger et Nigéria, aujourd’hui élargis à la RCA et à la Lybie), la CBLT, dont l’une des missions consiste sur la gestion intégrée et durable des ressources en eau dans le bassin du lac Tchad, ne pouvait être absente d’un tel forum ayant trait à la gestion efficiente et efficace des ressources en eau, à l’approvisionnement adéquat ainsi qu’à l’accès équitable à l’eau potable et à l’assainissement, et à l’évolution de la région vers le développement et la croissance durables.

C’est dans cette optique que la CBLT et BGR (l’un de ses principaux partenaires en suivi de la qualité des eaux) ont organisé une manifestation en marge de la SAE. Cet événement parallèle s’est déroulé le 19 juillet 2016 entre 18h30 et 20h au Selous Hall du Centre international de Conférences Julius Nyerere. Sous la modération du Dr. Fantong Wilson Yetoh (IRGM, Cameroun), cette manifestation a été marquée par des exposés des experts de la CBLT sur des thèmes aussi variés que ‘’ les défis, les interventions et les perspectives de la gestion de l’eau dans le bassin du lac Tchad”, “l’étude hydrogéologique de la plaine inondable du Logone au Cameroun et au Tchad”, “la gestion des ressources en eaux souterraines dans la partie nigériane du bassin du lac Tchad’’, “l’impact du déplacement des réfugiés sur le couvert végétal dans le bassin du lac Tchad“, etc.

Ces exposés ont été suivis d’échanges enrichissants. En résumé, les participants ont salué l’accent mis sur des thèmes généralement négligés comme les eaux souterraines et relevé l’importance de la coordination entre les institutions locale et régionale au sujet de la gestion des ressources en eaux souterraines. Des questions pertinentes ont ainsi été posées à la CBLT sur la mise en œuvre de la stratégie d’exécution et les actions connexes sur la gestion des ressources en eaux souterraines. Les experts de cette institution régionale basée à N’Djaména ont rassuré l’assistance sur le fait que la gestion des ressources en eaux souterraines est bel et bien un sujet figurant en bonne place de l’architecture institutionnelle de cette organisation. En plus des sujets de recherche et des rapports techniques, la CBLT est sur le point de publier un rapport biennal de l’état de l’écosystème dans le bassin (SOB) et un rapport de suivi annuel dudit écosystème (AMR) afin de mettre à la disposition de tous la dernière situation du bassin. D’autres questions portant sur l’approche de la gestion des eaux souterraines au Nigéria ont été aussi posées. Il ressort que le nouveau code de conduite du gouvernement nigérian est une approche politique et une première étape vers l’amélioration de la gestion des eaux souterraines. La session s’est achevée par une analyse des défis de l’approvisionnement en eau souterraine potable dans des zones de fortes concentrations de nitrate et de fluor.

Au finish, l’on peut dire que les objectifs de la CBLT pour cette manifestation parallèle ( à savoir : appropriation des activités de la CBLT par tous les participants, présentation des approches et des dernières recherches menées par la CBLT et un de ses pays membres sur les eaux souterraines et sensibilisation des participants sur l’état des eaux souterraines dans le bassin du lac Tchad…) ont été atteints. De plus, cet événement parallèle soutiendra certainement les efforts fournis par la CBLT pour étendre sa réputation en tant qu’institution suprarégionale en Afrique et au sein de la communauté internationale des bailleurs.

La semaine africaine de l’eau s’est, pour la première fois, tenue à Tunis en Tunisie en 2008. Depuis lors, d’autres en suivies (Midrand, en Afrique du Sud en 2009, Addis-Abeba en Éthiopie en 2010, au Caire en Égypte en 2012 et à Dakar au Sénégal en 2014), rassemblant toujours un aréopage d’organisations internationale et régionale, des scientifiques et des exposants provenant certes d’horizons divers mais tous liés à la gestion durable des ressources en eau, à l’approvisionnement en eau potable et à l’assainissement de qualité en Afrique.