Conservation de la biodiversité : signature d’une convention entre la CBLT et SOS-Eléphants

Vendredi, 12 Mai, 2017

Mercredi 10 mai 2017, le Programme de réhabilitation et de renforcement de la résilience des systèmes socio-écologiques du bassin du lac Tchad (PRESIBALT) de la CBLT et SOS Eléphants – une association qui tente de sauver les éléphants – actent leur engagement pour la préservation des derniers spécimens de cette espèce, aujourd’hui menacée de disparition, par la signature d'une convention dans le cadre d’un projet « d’aménagement intégré pour la protection des éléphants le long du fleuve Chari, dans les régions du Mayo Kebbi Est et du Chari-Baguirmi ».

Cette signature a été l’occasion de rappeler, d’une part, le drame qui frappe cet pachyderme, symbole de force et de sagesse, connu pour son intelligence et sa mémoire, aujourd'hui menacé d’extinction totale dans toute la sous-région, du fait du braconnage accentué par les conflits armés, de la perte de leur habitat naturel ; et de l’autre, l’opportunité exceptionnelle que constitue cette convention pour la mise en œuvre d’une politique de cohabitation harmonieuse entre les communautés rurales davantage vulnérabilisées par les impacts du changement climatique  et ces seigneurs de la brousse aujourd’hui traqués dans leurs derniers retranchements.

En effet, en décidant d’allouer une enveloppe de près de 260 000 000 millions de francs CFA, sur trois ans, à cette jeune ONG tchadienne, le PRESIBALT – financé par la Banque africaine de développement – apporte de l’eau au moulin des défenseurs de l’environnement et de la faune sauvage qui, depuis des années, n’ont cessé d’alerter et de dénoncer le braconnage et le massacre à grande échelle de cet animal emblématique de l’Afrique ; et d’autre part de renforcer la résilience des communautés qui, pression démographique oblige, partage les mêmes espaces et les mêmes ressources. « C’est comme un rêve pour moi » a dit émue Stéphanie Vergniault, présidente de SOS-Eléphants et pour qui la perte des éléphants constituerait une catastrophe écologique majeure et la disparition totale de certaines biotopes. Pour elle, la prise de conscience doit venir des chefs d’états africains : “la préservation de la faune sauvage et de son habitat doit être une priorité nationale. Il ne faut pas qu’ils cèdent à la pression démographique pour abandonner le territoire traditionnel et ancestral des éléphants aux communautés”.

Mais les communautés partageant la même aire, qui souffrent aussi des dégâts causés par ces animaux aujourd’hui traumatisés et agressifs, ne sont pas en reste. A travers la sensibilisation et l’éducation sur  le  rôle des écosystèmes, la valeur de la biodiversité, la relation entre l’environnement, la société et l’économie pour un développement durable, puis des formation et l’appui en matériel et outils pour la protection de leurs récoltes, la pratique d’activités génératrices de revenus comme la collecte et la vente du miel, elles pourront non seulement améliorer leur moyens de subsistance mais aussi changer de comportements prendre davantage conscience de la richesse et de la fragilité de la biodiversité.

Tous les intervenants à la cérémonie de signature de cette convention ont souligné la pertinence de cette action qui permettra de sauver les derniers éléphants du Tchad, aujourd’hui estimés à environ 1500 têtes (contre 40 000, il y a une quarantaine d’années) contre de véritables bandes organisées de trafiquants d'ivoire, puissamment armés, ont une bonne connaissance de la brousse et se jouent des frontières.   

« Je me réjouis d’avance des fruits de ce projet qui permettra d’annihiler le braconnage, le saccage et la perte des récoltes et des vies et l’améliorations des conditions de vies des populations. A travers des activités génératrices de revenus ou de protection et de défense de l’environnement, celles-ci sont mieux aguerries pour faire face aux impacts du changements climatiques » a affirmé le Secrétaire exécutif de la CBLT à l’issue de la signature de cette convention. La balle est maintenant dans le camp de SOS-Eléphant !