« Consultations régionales sur les eaux souterraines du bassin du lac Tchad »

Mercredi, 20 Novembre, 2019

C’est le thème d’un atelier régional qui a ouvert ses portes le 20 novembre 2019 à N’Djamena. Il est organisé dans le cadre du projet CBLT / BGR portant sur l’amélioration des connaissances des eaux souterraines du bassin du lac Tchad, financé par la coopération allemande et exécuté par l’Institut fédéral allemand de géosciences et de ressources naturelles (BGR), l'organisme central de conseil du gouvernement fédéral allemand en matière de géosciences, de l'utilisation durable des ressources naturelles et de la préservation de l'habitat humain.

 

L'objectif principal de cet atelier de trois jours, réunissant, outre les experts de la CBLT et ceux de l’institut fédéral allemand de la science, les experts et enseignants-chercheurs en hydrologie des pays membres, vise à apprécier, d’une part, les résultats obtenus par ce projet sur l’amélioration des connaissances sur les eaux souterraines du bassin du lac Tchad et, d’autre part, à planifier les activités d'une nouvelle phase.

Fruit d’une longue et fructueuse coopération, jalonnée de réalisations palpables, le projet CBLT / BGR a notamment assuré un grand nombre de formations techniques, sur un large spectre de questions liées aux eaux souterraines aux cadres et experts de la CBLT et de ses Etats membres. Il a ainsi permis d’améliorer sensiblement la disponibilité des données sur les eaux souterraines dans le bassin du lac Tchad et développé une approche de la gestion de ces eaux communes. De manière générale, il a remis sur orbite l’importance de la gouvernance de l’eau et l’amélioration et la protection de la qualité des ressources en eau douce du bassin du lac Tchad pour un développement durable.

Principale source d’eau douce, les eaux souterraines, stockées à une grande profondeur dans des aquifères, des roches perméables et des sédiments constituent des ressources renouvelables, alimentées lentement par l’infiltration d’eaux de pluie pendant des centaines, voire des milliers, d’années. Lorsque l’eau de bonne qualité vient à manquer à la surface, les hommes n’hésitent pas à se tourner vers cet important réservoir souterrain.

Cependant, croissance de la population, intensification de l’agriculture, besoins l’industriels, ont vite fait de décupler la demande en eau souterraine. À cette surexploitation vient se greffer la menace de l’infiltration, dans les eaux souterraines, par des contaminants et toxines résultant des activités agricoles, industrielles ou urbaines, par exemple. Comme toutes les eaux souterraines du monde, celles du bassin du lac Tchad n’échappent pas à cette règle.

Conscient de l’urgence d’améliorer la gouvernance des eaux souterraines, et à renverser la tendance actuelle qui conduit inexorablement à l’épuisement des eaux souterraines et à la pollution des aquifères du bassin du lac Tchad et soucieux d’aider de telle sorte que les précieuses ressources en eaux souterraines du bassin du lac Tchad puissent continuer à améliorer la vie des communautés, le ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement (BMZ) a approuvé un financement de 3 millions d'euros pour un nouveau projet commun entre la CBLT et BGR, et qui permettra de relever, sur les trois prochaines années, certains défis liés à la gestion des eaux souterraines.

« L’eau souterraine est une ressource invisible, qui revêt une grande importance dans la région du bassin du lac Tchad. Pour les populations, l'eau souterraine sert non seulement comme source d’approvisionnement en eau potable, mais aussi pour les besoins agricoles. Cependant, le changement climatique et la croissance démographique dans le bassin continuent de mettre les eaux souterraines sous pression. L’on constate une augmentation des forages et l’utilisation des eaux souterraines dans l'agriculture pour nourrir une population croissante. Malheureusement, les connaissances sur la qualité et quantité de cette importante ressource, dans le bassin du lac Tchad, ne sont pas encore suffisantes. D’où l’importance de ce nouveau projet CBLT/BGR. », a notamment expliqué l’ambassadeur d’Allemagne en République du Tchad dans son allocution de bienvenue aux participants.

Démontrant toute l’importance que son pays accorde à cette question cruciale de l’eau, le diplomate a rappelé le long cheminement ayant abouti à ce nouveau projet sur la gestion des eaux transfrontalières du bassin du lac Tchad.

Ouvrant les travaux de l’atelier, le Secrétaire exécutif de la CBLT, tout en magnifiant l’exemplarité de la coopération existante entre son institution et la République d’Allemagne, a hautement apprécié le financement de cette nouvelle phase de ce projet qui permettra d’affiner les connaissances sur les eaux souterraines du bassin du lac Tchad, et d’esquisser une vision globale commune sur la question des eaux transfrontalières et un cadre favorable où les Etats membres de la CBLT pourraient disposer d’outils valides pour l’amélioration de la gestion des ressources en eaux souterraines partagées et de leurs aquifères.

 

« Au cours de ces douze dernières années, la coopération CBLT / BGR a permis relever significativement la connaissance sur les eaux souterraines ou sur certains aspects liés à la gestion de cette importante ressource. Ces succès ne doivent pas, cependant, nous faire perdre de vue les défis pendants et les zones encore vierges concernant les eaux souterraines du bassin du lac Tchad. En sus de l’indisponibilité des données pour certaines parties du bassin, notamment au sujet de la recharge ou de la qualité des eaux souterraines, subsiste encore le besoin d’élaborer de meilleures approches viables et durables sur la gestion des eaux souterraines transfrontalières de la région. En raison non seulement de l’assèchement continu du lac Tchad mais aussi et surtout de la surexploitation des eaux souterraines de la région afin de satisfaire les besoins en eau sans cesse grandissant dans la région… », a conclu l’ambassadeur Mamman Nuhu.