La CBLT et l’UNESCO signent un accord de financement pour la sauvegarde du Lac Tchad

Mercredi, 31 Mai, 2017

N’Djamena (Tchad), 29 mai 2017 – La Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) et l’Organisation des Nations Unies pour la science, l’éducation et la culture (UNESCO en Anglais) ont signé un accord de financement dans le cadre du projet intitulé « Appliquer le modèle des réserves de biosphère transfrontières et des sites du Patrimoine Mondial pour promouvoir la paix dans le bassin du lac Tchad par la gestion durable de ses ressources naturelles ». D’un montant de 6.456.000 dollars EU, cet accord vise à renforcer les capacités des Etats membres de la CBLT (Tchad, Cameroun, République Centrafricaine, Niger et Nigeria) à sauvegarder et gérer durablement les ressources hydriques, biologiques et culturelles dans le bassin du Lac Tchad à travers une approche multisectorielle basée sur les principes des réserves de biosphère et du Patrimoine mondial ainsi que des outils du Programme hydrologique international afin de favoriser la réduction de la pauvreté et de promouvoir  la paix.
Ce projet constitue une composante du Programme de réhabilitation et de renforcement de la résilience des systèmes écologiques du Bassin du lac Tchad (PRESIBALT), un programme d’envergure, financé par la Banque Africaine de Développement (BAD), pour un montant de près de 55 milliards de francs CFA, sur cinq ans, et ambitionne l’amélioration de la résilience de plus de 15 millions de personnes (dont 52% de femmes) riveraines du lac Tchad.

Les activités qui seront mises en œuvre dans le cadre de cet accord de financement avec l’UNESCO concernent essentiellement, et cela pour une durée de trois ans, à actualiser les connaissances, renforcer les capacités institutionnelles, techniques et économiques et restaurer les écosystèmes. En outre, ces résultats obtenus permettront d’identifier des sites éligibles aux statuts de Reserve de biosphère et /ou de site du patrimoine mondial.

La cérémonie de signature, qui s’est déroulée au siège de la CBLT, a été présidée par le Secrétaire Exécutif de la CBLT. Elle a enregistré la participation d’une quarantaine de personnalités dont le Secrétaire général du ministère tchadien de l’eau et de l’assainissement, les Directeurs des Bureaux d’Abuja et de Yaoundé de l’UNESCO, la Responsable du Programme sur les Réserves de Biosphère, le coordinateur régional du programme des sciences en Afrique central, le spécialiste de programme du Centre du patrimoine mondial ainsi qu’une foule d’experts nationaux et de partenaires du projet.

Dans son allocation, le Secrétaire Exécutif de la CBLT s’est réjoui de l’aboutissement de ce partenariat avec l’UNESCO entamé depuis plusieurs années et a appelé à agir vite pour sauvegarderle lac Tchad, en mettant l’accès sur des réalisations concrètes impliquant les communautés locales, particulièrement les femmes et les jeunes.  
Le Directeur du Bureau de l’UNESCO d’Abuja a, quant à lui, mis l’accent sur le caractère exemplaire de cette coopération qui combine l'expertise de l'UNESCO dans les domaines hydrologique, écologique, culturel, des sciences sociales et de l’éducation, pour promouvoir la Paix et le Développement durable.
Le Secrétaire général du ministère tchadien de l’eau et de l’assainissement s’est pour sa part appesanti sur le fait que l’UNESCO ait pris la mesure des enjeux de sauvegarde du lac Tchad et a souligné le rôle catalytique qu’une inscription au patrimoine mondial pourrait représenter pour cette ressource commune.

Cette cérémonie de signature a aussi servi de tribune pour la CBLT et l’UNESCO pour lancer un appel à la communauté internationale pour une mobilisation accrue et une synergie d’action en faveur de la sauvegarde du lac Tchad. La spécificité de ce nouveau projet, faut-il le souligner, découle du fait que c’est bien la toute première fois qu’une institution financière africaine, la Banque africaine de développement, en l’occurrence, finance un projet de ce type, au profit exclusif des africains et de l’intégration et de la coopération sous-régionale.

Quatrième plus grand lac d'Afrique, à cheval entre l’Afrique de l’ouest et l’Afrique centrale, le lac Tchad et son bassin constituent une importante source d'eau douce et des ressources faisant vivre plus de 30 millions de personnes à travers la pêche, l’agriculture et l’élevage. Sous les coups conjugués du changement climatique et des pressions anthropiques, il a aujourd’hui perdu les trois-quarts de sa superficie. Il est inscrit sur la Liste indicative du patrimoine mondial du Tchad, du Niger et du Cameroun.