La Force multinationale mixte (FMM) de la CBLT suscite des émules

Jeudi, 4 Mai, 2017

« Observer autrui pour s’enseigner soi-même ! » C’est de cette vieille maxime que veut s’inspirer l’Autorité de développement intégré de la région du Liptako-Gourma (ALG) pour mettre en place une force militaire commune pour sécuriser la région. C’est dans ce cadre, qu’une mission de cette organisation tripartite, fondée en 1970 par les Chefs d’Etat du Burkina Faso, du Mali et du Niger, s’est rendue à N’Djamena le 27 avril dernier, afin de s’inspirer du modèle et surtout des ingrédients du succès de la force multinationale mixte (FMM) de la CBLT.Issoufou & FMM

Au siège de cette organisation régionale sœur, chargée de la régulation des eaux du bassin du lac Tchad, la délégation conduite par monsieur OUA Saïdou – son Directeur général – a eu un large tour d’horizon sur les tenants et les aboutissants qui ont plaidé pour la mise en place et le développement de cette force, aujourd’hui citée en exemple dans le cadre de la lutte contre le groupe terroriste Boko Haram. Notamment la clairvoyance et la vision des chefs d’Etat membres fondateurs de la Commission du bassin du lac Tchad qui, dès la date de création de cette institution, en mai 1964, lui assignaient, au-delà de la gestion intégrée et harmonieuse des ressources en eau du bassin du lac Tchad, la préservation de la paix, de la sécurité, de la stabilité et de la solidarité régionales. Mais aussi l’engagement et la détermination des chefs d’Etat actuels des pays membres qui, dès l’avènement de Boko Haram dans le bassin du lac Tchad, n’ont ménagé ni leur temps ni leurs efforts pour réveiller et rendre opérationnelle cette force qui existait déjà sur le papier. « Ce sont sur ce genre d’engagements dont vous devez vous baser pour construire votre force », a déclaré, le Secrétaire exécutif de la CBLT l’ingénieur Sanusi Imran Abdullahi.

A cheval sur les frontières communes des trois Etats (le Liptako s’étend sur la zone frontalière du Burkina et du Niger où régnait, au 19ème siècle, le royaume peulh du Liptako ; tandis que le Gourma désigne la rive droite de la boucle du Niger au Mali, NDLR), la région du Liptako-Gourma couvre une superficie de 370.000 km2. Toutefois, sa zone d’action réelle d'intervention s’étend au-delà et touche une population estimée à près de 20.000.000 habitants en 2016.

Cas spécifique en Afrique – lié principalement à l'homogénéité des caractéristiques socio-économiques, climatiques ainsi qu'aux liens historiques qui unissent les populations de la zone d'action, l’Autorité de développement intégré de la région du Liptako-Gourma met l’accent sur la mise en valeur optimale des ressources minières, énergétiques, agricoles et pastorales. Mais, depuis quelques mois, cette région historique qui s'étend aujourd'hui aux frontières respectives de ces trois pays sahéliens est régulièrement la cible d’attaques terroristes. En fait, depuis qu'une katiba ayant prêté allégeance au groupe Etat islamique (EI) en a fait son terrain d'action privilégié, ajouté aux attaques des groupes liés à al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), la région est devenue vulnérable.

C’est à l’issue de la 2ème Session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat de l’ALG ténue à Niamey, en janvier 2017 que l’Autorité du Liptako-Gourma a vu sa mission de développement étendue à la sécurité avec la création d’une force multinationale de sécurisation du Liptako-Gourma. Conséquement, mandat a été assigné au directoire de l’organisation pour rechercher les voies et moyens pour non seulement élaborer une stratégie commune de sécurité au bénéfice de ses trois pays membres mais aussi de mobiliser les ressources pour appuyer les actions de la future force multinationale.

Si elle venait à voir le jour, cette nouvelle force militaire sera la seconde après celle du G5 Sahel, qui rassemble déjà ces trois pays - ainsi que la Mauritanie et le Tchad – à s’inspirer de la Force multinationale mixte de la Commission du bassin du lac Tchad.