Le lac Tchad à l’honneur au Sommet international sur l’eau et le climat de Rome

Mardi, 31 Octobre, 2017

Du 23 au 25 octobre 2017, tout ce que la planète bleue compte comme grands fleuves, rivières et lacs s’étaient donné rendez à Rome, ville des fontaines et des aqueducs, pour un Sommet international sur l’Eau et le Climat. Organisé par Ministère italien de l’Environnement, de la Protection du Territoire et de la Mer, en partenariat avec la Commission Economique des Nations-Unies pour l’Europe (CEE-ONU), le Réseau International des Organismes de Bassin (RIOB, Secrétariat des Alliances Mondiales pour l’Eau et le Climat - AMEC) et AquaMadre, sous le haut patronage du Président de la République italienne et de la Présidence du Conseil de Ministres de l’Italie, cette conférence intitulée « L’eau et le climat : les grands fleuves du monde se rencontrent », avait pour objectifs de réfléchir aux conséquences, potentiellement graves, du réchauffement climatiques sur les ressources en eau douce de de la planète, sur les fleuves, les réseaux hydriques et les écosystèmes.

A la veille de la COP 23 de Bonn (Allemagne), du 6 au 17 novembre, dans le cadre historique et prestigieux de la Place du Capitole de Rome, les responsables des plus importants bassins fluviaux de la planète ( l’Amazone, le Mississipi, le Yangtsé, le fleuve Congo, le Niger, le Nil ou encore le Mékong…) et les experts ont voulu, pour la première fois, réfléchir aux conséquences, potentiellement graves, du réchauffement climatique sur les ressources en eau douce de la planète, sur les fleuves, les réseaux hydriques et les écosystèmes mais aussi alerter les Etats et les bailleurs de fonds sur l’importance de l’attention à accorder à l’eau, et à la nécessité d’une réaction rapide et coordonnée pour en protéger l’accès et la qualité.

Trois jours durant, ce Sommet a donc permis à des décideurs politiques et des experts d’évoquer, de long en large, les multiples aspects liées à cette problématique. Les échanges ont conduit notamment à souligner l’importance de la notion de bassin fluvial, de la coopération transfrontalière pour une gestion de l’eau fondée sur les principes d’équité et de durabilité ainsi que de mécanismes de décision et de financement  adaptés.

Présent à cette grande messe de l’eau et du climat, le secrétaire exécutif de la CBLT a surtout partagé l’expérience de la gestion partagée des ressources en eau de la Komadougou Yobe et la gouvernance de l’eau dans ce sous bassin du bassin du lac Tchad, partagé par quatre Etats riverains et dont le bassin conventionnel constitue une source et de précieuses ressources pour plus de 50 millions de personnes. Mais une ressource aujourd’hui menacée par la variabilité des changements climatiques. A cette rencontre de Rome, il était beaucoup question de grands fleuves mais le lac Tchad était sur toutes les lèvres. A commencer par le Président du Conseil des Ministres de l’Italie, Honorable Paolo Gentiloni, qui dès l’ouverture officielle de l’événement dans la matinée du 23 octobre, a indiqué toute l’attention que son pays accorde à la désertification en cours dans le bassin du lac Tchad et qui menace à terme la disparition de cette unique oasis lovée entre Sahel et Sahara.

Ce rôle de l’Italie de se faire précurseur et catalyseur des changements positifs en matière d’eau et de climat, en mettant l’accent notamment sur la nécessité de prendre des mesures urgentes pour le financement des projets visant l’amélioration des connaissances, la gouvernance, la participation du public et le lancement des actions immédiates dans le domaine de l'adaptation de l’eau au changement climatique, sous le signe de la solidarité, du partage et de la diffusion des connaissances visant à la préservation et à la gestion rationnelle de la ressource vitale, notamment avec l’Afrique et le bassin du lac Tchad, a été aussi souligné lors de la clôture de cette importante messe de l’eau, notamment par le Président de la République italienne. Sergio Mattarella, qui a tenu à venir en personne s’exprimer devant cette auguste assemblée, a annoncé surtout le doublement de l’enveloppe initiale avancé par son premier ministre pour les études et les expertises portant sur les bassins en Afrique notamment le bassin du lac Tchad.

Le Secrétaire exécutif de la CBLT a aussi mis à profit son séjour italien pour poursuivre les consultations avec Bonfica, la firme italienne qui, pour la première fois, a développé le concept du transfert des eaux de l’Oubangui-Chari vers le lac Tchad, sous le vocable de  “Transaqua – une idée pour le Sahel” et qui vient de signer un accord avec l’entreprise PowerChina pour l’approfondissement desdites études.