Les experts en pêche, aquaculture et pastoralisme en conclave à Douala

Vendredi, 5 Octobre, 2018

Du 25 au 28 septembre 2018, Douala, capitale économique du Cameroun, a constitué le point d’orgue d’une réunion statutaire des experts en pêche et aquaculture et en pastoralisme des pays membres de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT).

Venus du Cameroun, du Niger, du Nigeria, de la République Centrafricaine, du Tchad ainsi que de l’Autorité du Bassin du Niger (ABN), ces experts ont dressé l’état de lieu de la politique et du cadre législatif et règlementaire des secteurs de la pêche et aquaculture et du pastoralisme dans la région du lac Tchad. Notamment à travers une revue de la politique et du cadre législatif et règlementaire des secteurs précités, tant au niveau interne que transfrontalier, de la partie couverte par le bassin dans chaque pays. Ils ont aussi procédé à l’identification des forces, des faiblesses, des contraintes et des opportunités, afin de proposer un cadre d'harmonisation pour la mise à jour de l’Analyse Diagnostique Transfrontalière (ADT), du Programme d'Action Stratégique (PAS) et de la vision 2025 de la CBLT, cela conformément aux dispositions de la Charte de l'Eau de la CBLT.

En effet, qu’il s’agisse de la vision 2025 et ou du PAS, deux documents élaborés à partir de l’Analyse Diagnostique Transfrontalière – laquelle énumère les problèmes environnementaux – la politique de la CBLT, à travers la Charte de l’eau, vise à assurer la sécurité économique des ressources  de l’écosystème en eaux douces, la préservation de la biodiversité ainsi que la durabilité des ressources aquatiques et leur utilisation équitable de manière à satisfaire aux besoins de la population et à réduire la pauvreté. 

A l’issue de jours de d’échanges ponctuées de présentations, de travaux en carrefour et d’échanges constructifs dans le secteur pêche et aquaculture et de l’élevage, la réunion a dressé une liste de recommandations constructives tant dans le domaine de la pêche et de l’aquaculture que pour le pastoralisme. A l’endroit de la CBLT, il s’agit notamment de l’harmonisation du cadre législatif et règlementaire dans le Bassin du Lac Tchad ; du renforcement du suivi et du contrôle des activités de la pêche et de l’aquaculture dans le bassin ; du renforcement de la collaboration entre les institutions de recherche dans le domaine de la pêche et l’aquaculture et la CBLT ; de la création d’un Comité de suivi de la mise en œuvre des recommandations composés des experts pêche et aquaculture de la CBLT et des Etats membres ; de la prise en compte de la sécurité des pêcheurs dans l’exercice de leurs activités ; du recrutement d’un consultant pour l’harmonisation des cadres réglementaires et législatifs de pêche et l’aquaculture. En direction des pays membres, il s’agit notamment de la structuration des organisations du secteur pêche par filières (pêcheurs, transformateurs, etc.) ; de l’application stricte des textes et lois régissant la pêche et l’aquaculture dans le Bassin du Lac Tchad ; du renforcement du suivi et du contrôle des activités de la pêche et de l’aquaculture dans le bassin ; de la mise à la disposition de la CBLT les textes législatifs et réglementaires relatifs à la pêche et à l’aquaculture ; de l’encouragement des Etats à réviser les textes réglementaire de la pêche et de l’aquaculture dans les pays ; de la prise en compte la sécurité des pêcheurs dans l’exercice de leurs activités ; de l’adoption d’une démarche participative impliquant les différents partenaires concernés (autorités traditionnelles et coutumières, institutions locales, Etat etc..) dans la gestion partagée durable des ressources naturelles du bassin ; de l’information et la sensibilisation des éleveurs transhumants et des agents d’élevage sur la réglementation en vigueur dans les pays de départ et d’accueil au niveau communautaire ; de la sécurisation des espace pastoraux et l’opérationnalisation des structures de leur gestion (délimitation et balisages des couloirs de passage d’animaux, points d’eau, enclaves, vol de bétail, terrorisme, etc.) ; de l’appui et l’harmonisation de la recherche dans le domaine de la transhumance transfrontalière  à travers les institutions de recherche ; de la mise en place ou de la relance et de l’élargissement des domaines d’action des commissions mixtes, etc.