Lutte contre Boko Haram : la Force Multinationale Mixte se concerte pour une gestion des personnes associées à Boko Haram

Vendredi, 29 Mars, 2019

Un atelier sur la révision et la validation de la procédure standard d’opération de la Force Multinationale Mixte relatif à la gestion des personnes associées à Boko Haram s’est tenu du 26 au 29 mars 2019 à l’Hôtel Radison Blu à N’Djamena, en présence du Secrétaire Exécutif de la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT), son Excellence Ambassadeur Mamman Nuhu, la représentante spéciale du président de l’Union Africaine au Tchad, madame Zaïna NYIRAMATAMA et du Commandant de la Force Multinationale Mixte (FMM), le Général de Division CHIKEZIE UDE.

Organisé par la FMM avec la collaboration technique de la Division Défense et Sécurité du Département Paix et Sécurité de l’Union Africaine, cet atelier regroupe une trentaine de participants issus de la FMM, l’Union Africaine et des pays contributeurs de troupes. L’objectif vise à comprendre les pratiques en cours dans tous les secteurs en matière de traitement et gestion des personnes associées à Boko Haram, les mécanismes et les structures de mise en œuvre des procédures standards Opérationnelles (PSO) de la FMM ainsi que les conditions de détention, notamment les sujets relatifs au centre d’accueil, etc.

 

Ainsi trois jours durant, les différents acteurs échangeront sur les pratiques courantes en matière de traitement et gestion des personnes associées à Boko Haram dans les quatre secteurs du ressort territorial dans le cadre de la mission de la force à savoir : secteur 1 (Mora au Cameroun), secteur 2 (Baga Sola au Tchad), secteur 3 (Baga au Nigéria) et secteur 4 (Diffa au Niger).

Trois interventions ont marqué la cérémonie d’ouverture. Celle du Commandant de la FMM, celle de la représentante spéciale du président de la CUA et du Secrétaire Exécutif de la CBLT, tous ont salué les efforts consentis jusqu’à présent par la Force Multinationale Mixte dans le cadre de la lutte contre Boko Haram dans le bassin du lac Tchad.

En effet, depuis 2015, date de la réactivation de la Force, les opérations militaires ont permis de couper les voies d’approvisionnement de Boko Haram dans les secteurs d’opération du groupe sans oublier que plusieurs personnes ont quitté les zones sous influence de la secte pour regagner leurs lieux de départ initial.  Certains membres actifs de Boko Haram, les sympathisants ainsi que les membres auxiliaires se sont même rendus aux forces de sécurité dans la Zone de Responsabilité de la Force.

En termes de résultats tangibles, 2 234 personnes associées à Boko Haram issues des quatre secteurs se sont rendues à la Force. Ces personnes qui ont décidé de quitter Boko Haram sont accueillies à travers des structures d’accueil mis en place dans la plupart des pays du bassin touchés par Boko Haram. A l’image du camp de transit associé installé à Gombé au Nigéria ou encore de l’infrastructure de base mise en place pour accueillir les personnes qui volontairement quittent Boko Haram ou de la mairie de la ville Mozogo dans le département de Mayo Tsanaga au Cameroun, etc.

S’impose de plus en plus la nécessité d’asseoir un cadre formel et d’harmoniser les procédures de gestions de gestion des repentis et des personnes associées à Boko Haram dans une approche DDR élargi.

Avec la sous-stratégie de filtrage, poursuite, réhabilitation et réintégration des personnes associées à Boko Haram, élaborée à partir de la Stratégie Régionale pour la Stabilisation, Réhabilitation et Résilience des Zones Affectées par Boko Haram dans le bassin du lac Tchad en 2018, c’est un véritable coup de fouet dans la poursuite des efforts de la Force pour gagner plus de combat et d’éclat dans la lutte contre Boko Haram et ramener définitivement la paix dans la région.

Placée sous l’égide de la CBLT, la FMM qui regroupe environ 10 000 hommes issus des armées nationales des Etats membres de la CBLT et du Bénin a pour mandat de créer un environnement sûr et sécurisé dans les zones affectées par les activités de Boko Haram et autres groupes terroristes.