Programme de réhabilitation et de renforcement de la résilience des systèmes socio écologiques du Bassin du Lac Tchad (PRESIBALT) : La Coordination nationale du Cameroun installée !

Vendredi, 28 Octobre, 2016

Maroua (Extrême Nord du Cameroun) – 22-23 septembre 2016 : la salle de réunion de l’hôtel Sahel a servi de cadre à la cérémonie d’installation des responsables de la Coordination nationale du Cameroun du Programme de réhabilitation et de renforcement de la résilience des systèmes socio écologiques du Bassin du lac Tchad (PRESIBALT), sous la présidence du Gouverneur de la région de l’extrême Nord du Cameroun, M. Midjiyawa Bakari, également deuxième Commissaire du Cameroun auprès de la CBLT.

Ont également pris part à cette importante cérémonie de ce grand programme régional de la CBLT (Commission du Bassin du Lac Tchad), financé par la Banque Africaine de Développement (BAD), toutes les parties prenantes identifiées telles que le Ministère de l’économie, du plan et de l’aménagement du territoire (MINEPAT), SEMRY, PRODEBALT, MINADER, MINFOF, UICN, ACEEN, SGC, Coopérative, MINEDED, Réseau des associations féminines, EXP-SXE.

D’autres objectifs étaient aussi assignés à cette cérémonie d’installation notamment la présentation du PRESIBALT avec un accent particulier sur le mode opératoire et la gestion financière ; notamment une séance de travail avec tous les partenaires impliqués sur le projet de ré inondation de la plaine Wazza Logone ; notamment le passage en revue du mode de passation de marchés en vigueur au niveau du PRESIBALT ; notamment une rencontre d’échanges avec les responsables du MINEPAT et les délégués régionaux ; notamment des échanges d’expériences entre partenaires sur les leçons tirées de la mise en œuvre du PRODEBALT (Programme de développement durable du lac Tchad, lancé en 2008 avec un budget de 60 millions d’euros, financé en partie par la BAD et qui prévoit notamment des travaux de défense et de restauration des sols, la fixation de dunes et la régénération des écosystèmes pastoraux…) sur les cendres duquel vient se greffer le PRESIBALT ; notamment l’identification des contraintes majeures et la formulation des recommandations pertinentes pour leur résolution…

A l’issue des différentes présentations par les experts du PRESIBALT, des questions de clarification, des amendements et des critiques ont été faits par les participants. Elles ont trait pour l’essentiel au souci de l’utilisation judicieuse des fonds alloués à la Coordination nationale, sous forme de prêt ; à la non maitrise des procédures par certains partenaires ; à la nécessité d’impliquer la Coordination nationale et les ministères concernés dans le traitement des dossiers d’appel d’offres au niveau national ; à la nécessité de maintenir, pendant la mise en œuvre, une cohérence entre les activités planifiées, les budgets et les plans de passation des marchés ; à la nécessité d’un bon suivi de la mise en valeur des réalisations du PRESIBALT ; à l’implication à temps plein des ministères techniques et des délégués régionaux dans les activités du projet.

A toutes ces préoccupations, des éléments de clarification ont été donnés par les responsables de la Coordination régionale du PRESIBALT et le Directeur technique de la CBLT,  représentant le Secrétaire exécutif empêché.

S’en est suivie une séance de travail entre la nouvelle équipe fraîchement installée et les différents partenaires techniques avec lesquels ils vont désormais collaborer. Des échanges qui ont permis de passer en revue et de comprendre davantage la portée des différentes interventions prévues, dans le cadre de ce programme quinquennal qui, pour la composante camerounaise, s’élèvent à un peu moins de 11 milliards de francs CFA, et visent d’une part à protéger les écosystèmes tout en soutenant les activités économiques locales notamment à travers la réalisation d’infrastructures qui vont de la réhabilitation de la plaine d’inondation à la réalisation de périmètres irrigués et des marchés ruraux en passant par la dotation en équipements tels que les moulins, les forages, les foyers de fumage, les décortiqueuses, les machines à glace, les laiteries et les ateliers de filetage, etc.

D’un coût d’environ 55 milliards de francs CFA sur cinq ans, sous forme de dons ou de prêts, le Programme de réhabilitation et de renforcement de la résilience des systèmes socio-écologiques du bassin du lac Tchad (PRESIBALT) vise l’amélioration de la résilience des populations vulnérables, du Cameroun, du Niger, du Nigeria, de la RCA et du Tchad. Lesquelles dépendent des ressources naturelles du bassin du lac pour leur survie. S’inscrivant dans la droite ligne du Plan quinquennal d’investissement (2013-2017) de la CBLT, financé par la Banque africaine de développement – chef de file des Partenaires Techniques et Financiers de la CBLT – le PRESIBALT prévoit des interventions destinées à préserver et à valoriser les ressources en eau, à développer les services écologiques et les chaines de valeur et à renforcer les capacités institutionnelles et administratives du programme. Plus de 15 millions de personnes (dont 52% de femmes) bénéficieront directement du programme, notamment à travers l’amélioration de leurs revenus, la sécurité alimentaire et l’accès aux infrastructures sociales de base. Le PRESIBALT renforcera également la coopération et la collaboration régionale et locale pour une gestion intégrée des ressources naturelles, le commerce intra régional des produits agricoles. Il n’épargnera point la dimension sociale de la résilience, réduisant, à terme, les sources potentielles de conflits. Afin de tenir compte du contexte sécuritaire, mais aussi de l’extrême urgence, il sera exécuté selon une approche « modulaire » et de « sensibilité aux conflits », permettant ainsi de mettre en œuvre les activités dans les régions propices, en fonction des évaluations annuelles des risques.

Important foyer de bio – diversité, à cheval entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, le bassin du Lac Tchad se trouve aujourd’hui à la croisée de défis et d’enjeux environnementaux, sécuritaires, sociaux, économiques, humanitaires et politiques. Sa variabilité naturelle très fluctuante se trouve gravement menacée par la désertification galopante et la démographie exponentielle. Du fait de la porosité des frontières, différentes formes de trafics illégaux et d’actes criminels, une économie de contrebande, la prolifération des armes et les rivalités identitaires s’y développent. Une insécurité aggravée par l’expansion des groupes terroristes comme « Boko Haram » qui menace de déstabiliser l’ensemble de la région. Les sécheresses consécutives ont accentué l’afflux de migrants, exacerbant les tensions sociales et les conflits intercommunautaires autour des ressources. Le désespoir et le chômage de la jeunesse constitue aussi un terreau sur lequel les groupes terroristes puisent. L’amenuisement croissant des ressources en eau et l’absence de politiques cohérentes constituent aussi des sources d’instabilité et de foyers de conflits. Sans oublier la tragédie humanitaire découlant de l’afflux soudain de milliers et de milliers des réfugiés et de déplacés, fuyant les zones de conflits et aggravant l’insécurité alimentaire…