Projet Adaptation au Changement Climatique de la GIZ-CBLT

Mercredi, 5 Juin, 2019

Projet Adaptation au Changement Climatique de la GIZ/CBLT :
Les mesures redonnent le sourire aux producteurs

Debout au milieu d’une haie de maïs froufroutant aux vents, en bordure du fleuve Chari, aux alentours de Guelendeng, Kossia Douroum est un paysan comblé. A ses pieds, s’étalent des carrés de melons, d’oignons, de poivron ou de gombo, autant de promesses de bonheur que de rentrées de devises en cette morte saison.

Comme Adoum, madame Zoumaïda Biskina, vice-présidente de l’union du groupement des femmes « Tabayé Kébé », (associées en langue massa), de Moulkou a fière allure. Grâce aux produits de leur labeur, les marchés de la localité croulent sous des légumes frais tels que l’oseille, la laitue, le poivron, la tomate ou encore le piment. Ce qui fait tinter la bourse et éloigne la malnutrition des ménages !

Au village de Karanik, c’est le même sourire de satisfaction qui se lit sur tous les visages. Trésorière d’un groupement exploitant une parcelle de plus deux hectares, madame Toma Abakar résume bien le sentiment général : « Vivement la prochaine récolte ! Nous avons déjà tout récolté et écoulé sur les marchés des environs… ». Le produit tiré de la vente de leurs légumes leur permet déjà d’entrevoir le quotidien en rose et de construire des projets d’avenir. Déjà trottent dans la tête de ces intrépides entrepreneures l’idée d’une école et d’un centre de santé.

Guelendeng, Moulkou, Karanik, Dourbali, Linia, Saleh Manga, Mandelia, Loumia, Gounanda, neuf zones différentes des provinces du Chari-Baguirmi et du Mayo Kebbi, un même dénominateur commun : l’appui apporté à ces producteurs et productrices par le projet « Adaptation au changement climatique de la CBLT, financé par la coopération technique allemande (GIZ).

Ce projet, à cheval entre le Cameroun et le Tchad, a notamment appuyé  la mise en œuvre des mesures pilotes dans trois systèmes de production comme l’agriculture pluviale, l’agriculture de décrue et le système d’élevage, pratiqué par des éleveurs transhumants, les agro-éleveurs et agriculteurs. Il a aussi et surtout introduit dans le système de contre-saison des semences précoces avec une période de maturation plus courte du fait d’une saison pluviale raccourcie afin de réduire la vulnérabilité des communautés à la sécheresse (tous les systèmes), diversifié les cultures de décrue afin de générer des revenus additionnels pendant la saison sèche et rendre les agriculteurs moins tributaires des cultures pluviales et encouragé la production fourragère pour l’alimentation du bétail ou la vente, visant à améliorer les moyens de subsistance des éleveurs et agriculteurs. Mieux, il a formé et accompagné ces groupements de producteurs en les dotant du petit matériel agricole qui très souvent leur faisait défaut.

Sur le terrain, les résultats se passent de tout commentaire : une augmentation du rendement et une récolte plus sûre dans tous les systèmes de production, malgré des conditions climatiques difficiles (parfois triplé) ; une meilleure résilience des semences contre la sècheresse, la striga et les attaques des insectes ; la diversification des cultures de décrue et la génération de revenus additionnels, par la vente et la possibilité de deux récoltes ; le renforcement des activités agricoles des éleveurs et la génération d’un revenu additionnel pour les agriculteurs par la promotion de la production fourragère ; la poursuite de l’application de la mesure d’adaptation dans plusieurs communautés, malgré la rupture de l’intervention du projet pendant 2017 ; la réplication de la mesure dans la zone pilote et l’intégration des volontaires grâce aux échanges paysan-paysan et la diffusion de la mise en place des mesures et des bonnes expériences.

 

C’est ce qu’a constaté de visu, une équipe du projet, en visite dans la zone du 16 au 22 mai 2019, pour la remise définitive des composés de charrues, houes, dabas, machettes, charrettes, faucilles, pelles, pioches, brouettes, pulvérisateurs, semoirs, seaux, râteaux, semences, tubage plein et tubage crépine, lampes solaires, robinets, etc. Il ne reste plus qu’à étendre cette expérience pilote réussie à d’autres zones du bassin.