Projet de transfert des eaux inter bassins : Signature d’un protocole d’accord entre la CBLT et la société chinoise PowerChina International Group Limited

Mercredi, 28 Décembre, 2016

Abuja, Nigeria, 13 décembre 2016 – la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) et la société chinoise PowerChina International Group Limited, spécialisée dans les recherches, la planification, la conception, la surveillance et la construction, l'opération et la maintenance des infrastructures incluant les ouvrages hydrauliques, les centrales électriques, les ponts, les ports, les chemins de fer et autres travaux connexes ont procédé à la signature d’un protocole d’accord. Il porte sur les modalités d’une assistance technique et financière en vue de l’approfondissement de l’étude du transfert des eaux du bassin du Congo vers le lac Tchad, un vieux projet visant notamment l’amélioration de la quantité et de la qualité des eaux du lac Tchad, l’amélioration des écoulements, la réduction de la pauvreté à l’échelle du bassin, à travers des activités socioéconomiques, la satisfaction des besoins en énergie des villes et villages environnant les deux Congo et la réalisation d’une étude d’impact environnementale poussée.

D’un coût d’environ 1,8 millions de dollars, entièrement pris en charge par la partie chinoise, ce protocole d’accord trace ainsi les grandes lignes de futures recherches collaboratives sur le projet du transfert des eaux du bassin du lac Tchad et tous les futurs projets connexes, en accord avec la Charte de l’eau du bassin du lac Tchad, les lois, les régulations et les pratiques nationales ou locales des pays membres.

Cette recherche complémentaire, sous ce protocole d’accord, vise le renforcement de la résilience du Sahel au changement climatique et l’érection de ce projet en un projet d'infrastructure d’envergure continentale, ouvrant de nouvelles opportunités d’échanges et de développement entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale, notamment :

  1. En transférant potentiellement 50 milliards de mètres cube annuellement au lac Tchad par une série de barrages en République démocratique du Congo (RDC), en République du Congo et en République Centrafricaine.
  2. En produisant potentiellement entre 15 et 25 mille millions de kWh d'hydro-électricité par le mouvement massif de l'eau par la gravitation.
  3. En développant le potentiel d’irrigation pour l’agriculture et l’élevage sur une zone de 50 000 à 70 000 kilomètres carrés compris dans les zones sahéliennes du Tchad, du Nord-Est Nigeria, du Nord Cameroun et du Niger.
  4. En créant une zone économique étendue fournissant une nouvelle plate-forme d'infrastructure de développement pour l’agriculture, les industries, les transports et la production électrique, touchant une douzaine de pays africains.

D’une durée de quatre ans, ce protocole d’accord pourrait être reconduit, après entente entre les parties. Ces dernières conviennent de mettre en œuvre le présent protocole dans les délais impartis et de permettre la participation des cadres de la CBLT dans les futures recherches en accord avec les politiques locales en la matière des états membres telle que convenu par les deux parties.

Pour rappel, une première étude conduite en 2011, par CIMA international, une firme canadienne œuvrant dans les domaines de l'ingénierie et des nouvelles technologies, avait conclu en la faisabilité technique du transfert des eaux du bassin du Congo vers le lac Tchad, à travers des projets combinés sur des barrages à Palambo et à Bria. Ces infrastructures de transfert de concert avec l’amélioration de l’hydraulicité du système Chari-Logone, seraient susceptibles d’augmenter le niveau du lac, de stopper la récession des eaux et l’assèchement de la Cuvette Nord dans les conditions climatiques actuelles.

Ce sont les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de la CBLT, lors de leur 14ème Sommet, tenu à N’Djamena, en avril 2012, qui ont instruit la Commission à actualiser le dossier du transfert des eaux, identifié comme projet prioritaire dans son schéma directeur.