Remise officielle d’un bloc de classes au secteur 1 de la FMM

Jeudi, 29 Août, 2019

Remise officielle d’un bloc de classes au secteur 1 de la FMM

Le 20 août 2019, l’école maternelle d’application du camp militaire de Mora avait de la peine à contenir du monde pour la cérémonie de remise officielle d’un bloc de deux classes.

Outre l’ambassadeur Mamman Nuhu, Secrétaire exécutif de la CBLT, Chef de mission de la FMM – qui a tenu personnellement à faire le déplacement – cette cérémonie a enregistré la participation de nombreuses personnalités administratives, civiles, militaires, traditionnelles et religieuses telles que le gouverneur de la région de l’Extrême-nord, le représentant de la Commission de l’Union Africaine, le représentant du commandant de la FMM, le préfet du département de Mayo-Savo, le commandant du Secteur 1 de la FMM, le sous-préfet de l’arrondissement de Mora, le maire de la commune de Mora ainsi qu’une foule nombreuse constituée de civils, militaires de parents et d’élèves…

Ce bloc de deux classes flambant neuves, construites sur le nouveau site de l’Ecole maternelle d’application du camp militaire de Mora, est l’œuvre de la Commission de l’Union africaine (CUA), au profit de la Force multinationale mixte de la CBLT, dans le cadre de Projets à impact rapide (QIPs).

Les projets à impact rapide sont des microprojets communautaires tels que la réhabilitation des services et petites infrastructures publiques, la formation et sensibilisation, la création d’emplois et de revenu, exécutés dans des délais rapides et durables, pour, d’une part, répondre aux besoins prioritaires de la population tout en établissant un climat de confiance dans le processus de stabilisation, de reconstruction et de résilience. C’est ce qu’a notamment souligné le général de brigade Bouba Dobekreo, commandant du secteur 1 de Mora : « Ces salles de classes visent notamment à soutenir les efforts de stabilisation dans les régions affectées par Boko. Elles répondent également aux besoins les plus pressants des populations tout en renforçant l’acception des unités de la Force multinationale mixte de la CBLT dans les zones conflituelles… », a déclaré le commandant du secteur 1, lequel avec Baga Sola au Tchad, Diffa au Niger et Baga au Nigeria, constituent les quatre secteurs de la FMM dans les quatre pays touchées par la crise Boko Haram.

« L’éducation constitue l’un des piliers de la prévention de l’extrémisme violent, de la construction de la paix et de la promotion du développement durable. Malheureusement, la crise dans le bassin du lac Tchad a entrainé la destruction de nombreuses infrastructures scolaires, privant de milliers et de milliers de jeunes enfants de scolarité pendant de nombreuses années. Afin de s’assurer qu’aucun groupe n’est laissé en rade dans les efforts de stabilisation, une plus grande attention devrait être accordée à la reconstruction des infrastructures scolaires… », a renchéri le Secrétaire exécutif de la CBLT, Chef de mission de la FMM. « Quel que soient les investissements dans les opérations militaires et sécuritaires, ils seraient vains sans investissements conséquents dans l’éducation.. » a poursuivi l’ambassadeur Mamman Nuhu. « Si vous voulions en finir une fois pour toute avec les fléaux de de la pauvreté et l’insécurité, nous devons nous assurer que toutes les filles et tous les fils du bassin, où qu’ils se trouvent, ont un accès à accès à une éducation de base de qualité, y compris a un enseignement primaire obligatoire et gratuit pour tous ; et où tous les enfants, y compris les adolescents, ont toutes les chances de développer leurs potentialités dans un environnement sur qui les soutienne… ».

A l’instar de toutes les zones du bassin du lac Tchad affectées par la crise Boko Haram, Mora – l’une  des trois communes du département du Mayo Sava (région de l'Extrême-Nord du Cameroun), frontalière du Nigeria – n’est pas épargnée par les attaques terroristes répétées et la violence gratuite de Boko Haram, entraînant des déplacements massifs de population et l’arrivée d’un nombre important de réfugiés, avec de graves répercussions sur la situation économique et sociale, notamment en ce qui concerne l’éducation des enfants. Du fait de la destruction de nombreuses infrastructures (dont des infrastructures scolaires) et des déplacements massifs des populations, des centaines d’enfants en âge d’être scolarisés, n’ont pas accès à l’école. Celles qui existent éprouvent des difficultés liées à l’insuffisance voire à l’indisponibilité des matériels didactiques et d’apprentissage, exposant, du coup, cette frange vulnérable à des nombreux risques tels que le banditisme, la consommation de la drogue, le recrutement dans les groupes armés, la prostitution et le mariage précoce surtout chez les filles. «Alors que la population s’est quadruplée, du fait des déplacés et des réfugiés il y a un manque criard d’infrastructures socioéconomiques de base et peu de possibilités de formation et d’éducation ainsi que peu de débouchés économiques, en particulier pour les jeunes… », a affirmé El Hadj Abba Boukar, maire de la localité.

Créé en octobre 2009, l’école est logée dans des bâtiments précaires, prêtés par un bon samaritain de localité. Le même bâtiment abrite d’ailleurs des populations déplacées, d’où une cohabitation difficile. « Avec la construction de ce bloc de classes, désormais les enseignants peuvent exercer leur sacerdoce dans des conditions propices et faire de telle sorte que leurs élèves soient des êtres en devenir épanouis et heureux dans des locaux où il fait bon d’apprendre…», a affirmé le délégué départemental de l’éducation de base du Mayo-Sava, avant d’énumérer tous les appuis en matériel et équipements scolaires apportés par la FMM pour le rayonnement de l’éducation dans sa zone.

« Comme on le dit si bien chez nous : celui qui dit merci, en redemande encore ! C’est pourquoi, nous serions reconnaissants de compléter ce projet par la construction d’une clôture d’enceinte, la construction des aires de jeux et la fourniture de matériel didactique… », a ajouté la directrice de l’école.

Une sollicitation qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Il convient de souligner que la Stratégie régionale de stabilisation des zones du bassin du lac Tchad, adopté en août 2018 par les pays membres de la CBLT et entérinée par la Commission de l’Union Africaine, les organismes du système des Nations Unions et plusieurs autres partenaires bi- et multilatéraux, prévoit tout un paquet de solutions à court, moyen et long terme, pour faciliter notamment la transition d’une phase marquée par un engagement militaire intense à la prise, à bras le corps, des causes profondes de la crise Boko Haram tels que le changement climatique, la promotion de la bonne gouvernance, de la transparence et de l’amélioration de la résilience des populations dans les domaines politique et socio-économique. Et, l’éducation se trouve en bonne place parmi les neufs piliers d’intervention retenus par cette dernière. Notamment, en ce qui concerne la reconstruction des écoles détruites ou fermées, le recrutement et la formation des enseignants, l’amélioration du taux de scolarisation du taux d’achèvement d’alphabétisation et d’autres compétences de base, etc. Elle prévoit également des programmes de rattrapage à ceux qui ont manqué l’école et la scolarisation dans des écoles non étatiques soumise aux processus appropriés d’enregistrement, d’approbation des programmes, de certification des enseignants et de contrôle de la qualité. Enfin, elle prévoit de compléter l’éducation de base par des initiatives de formation professionnelle et de création d’entreprise ciblées, afin d’inculquer aux jeunes les compétences nécessaires pour l’emploi et une vie meilleure…
Ainsi, aussi symbolique soit-elle, cette cérémonie d’inauguration d’un bloc de deux classes à Mora, participe du processus de mise en œuvre de cette stratégie régionale de stabilisation du bassin du lac Tchad…