Restitution de l'expertise collegiale - Projet FFEM

Mardi, 25 Février, 2014

Reunion de restitution de l'expertise collegiale sur la sysnthese des connaissances actuelles sur le Lac Tchad

Allocution du Secrétaire Exécutif de la CBLT, Engr. SANUSI IMRAN ABDULLAHI. N’DJAMENA – TCHAD 24 Février  2014

Son Excellence, le Ministre de l’Hydraulique Urbaine et Rurale du Tchad, 1er Commissaire du Tchad auprès de la CBLT;

Leurs Excellences, les Ministres ici présents; 

Son Excellence, l’Ambassadeur de France au Tchad;

Son Excellence, le Président de l’IRD;

Monsieur le Directeur de l’AFD, représentant le FFEM;

Messieurs les Points Focaux, Représentants des pays membres ici présents;

Messieurs les Coordinateurs des Projets GIZ et BGR;

Messieurs les Directeurs Généraux, Directeurs et autres membres du personnel de la CBLT;

Distingués invités;

Mesdames et messieurs;

J’ai l’insigne honneur et le plaisir de m’adresser à vous en ce jour 24 février 2014 à l’occasion de la réunion de l’expertise collégiale sur la synthèse des connaissances actuelles sur le Lac Tchad dans le but de mieux comprendre les dynamiques  humaines et environnementales du bassin du Lac Tchad.  

Soyez les bienvenus à la cité capitale du Tchad et plus particulièrement au siège de la Commission  du Bassin du Lac Tchad.

Votre présence à cette rencontre témoigne de votre engagement pour un avenir meilleur du Lac Tchad et de celui de nombreuses personnes qui tirent leur subsistance des ressources naturelles du lac.

Comme vous le savez, le Lac Tchad et son bassin  hydrographique constituent un écosystème d’une importance capitale dans notre sous-région. En effet, d’après les statistiques actuelles, plus de trente millions de personnes vivent des ressources du Lac Tchad.

Les sols riches et humides des bas-fonds du bassin actif stimulent une multitude d’activités économiques: agriculture de décrue, élevage, régénération forestière et une variété d’activités économiques qui sont en baisse en dépit d’énormes potentiels comme le tourisme.

Depuis plus de quatre décennies, nous assistons malheureusement à une dégradation accrue de ces terres et de l’écosystème. Elle est essentiellement due aux effets néfastes des changements climatiques (réchauffement de la terre) qui incluent aussi la baisse de la pluviométrie et la désertification de la cuvette sud. Cette situation est aussi exacerbée par certaines activités anthropiques négatives. Les conséquences sont désastreuses: perte de la biodiversité, baisse des rendements agricoles et, par dessus tout, l’assèchement du Lac Tchad qui entraîne la pauvreté, la misère, et parfois, des conflits liés à l’exploitation de maigres ressources disponibles.

Les données actuelles indiquent que la superficie du Lac Tchad est passée de 25 000 km2, à la création de notre organisation sous-régionale en 1964 à moins de 2 000 km2 entre 1990-2000 avant une légère hausse au cours des dix dernières années, une hausse qui peut se reverser à tout moment.

Pour un bassin dont la population pourrait doubler au cours des vingt prochaines années et s’urbaniser, la production de vivres supplémentaires et le déroulement d’activités économiques durables constituent de sérieux défis qui pourraient être relevés par le lac Tchad et ses ressources naturelles. Pour la survie du lac Tchad et de ses vastes ressources naturelles, le projet de transfert d’eau inter-bassin reste la meilleure solution, autrement, le lac Tchad  pourrait connaître le sort de la mer d’Aral. La disparition du lac Tchad sera donc une catastrophe écologique, non seulement pour les pays membres de la CBLT, mais aussi pour le monde entier si tant est que les catastrophes environnementales et humanitaires ne connaissent pas de frontières. 

De tout ce qui précède, je crois  qu’il est urgent d’aborder promptement la question  du lac Tchad et du bassin du lac Tchad de manière globale et durable.

Mesdames et messieurs et chers collègues,

Il convient de rappeler qu’au cours du Forum mondial pour le Développement durable tenu à N’Djamena le 29 octobre 2010 pour la sauvegarde du lac Tchad, la France avait indiqué qu’elle soutiendra les efforts actuels pour sauver le lac Tchad et préserver le développement durable du bassin avec le concours d’autres partenaires.

C’est dans cette optique que le gouvernement français a financé cette étude dont les résultats feront l’objet des débats aujourd’hui. Sur cette même lancée, la CBLT a financé les études et la préparation de la  Charte de l’Eau et le premier plan d’investissement quinquennal (CBLT-PQI) 2013-2017, tous deux élaborés par le cabinet BRL avec le soutien de l’IRD France en 2011/2012.

Au demeurant, je vous exhorte à analyser de fond en comble ces conclusions et recommandations afin d’être convaincus que le rapport a une valeur scientifique, objective et orientée vers nos décideurs en vue d’une prise de décision juste dans la logique de la survie du lac Tchad et le développement durable du bassin du lac Tchad.   

Enfin, je voudrais vous informer, tout en implorant votre indulgence, que la CBLT prépare actuellement la Table ronde des Donateurs pour le financement de son plan d’investissement quinquennal, laquelle table ronde est prévue du 4 au 5 avril 2014 à Bologne en Italie. 

Permettez moi aussi de saisir cette opportunité pour exprimer notre profonde gratitude au gouvernement français pour son assistance permanente à la Commission.

Tout en vous remerciant pour votre aimable attention, je vous souhaite un agréable séjour au pays de Toumaï.

Vive la coopération internationale !

Vive la CBLT !