Réunion de la Commission régionale des parlementaires des pays membres du Bassin du Lac Tchad (CRP) : Les élus s’engagent à fond pour la cause du lac !

Jeudi, 27 Octobre, 2016

Sur invitation du Secrétaire exécutif de la Commission du Bassin du lac Tchad (CBLT), une réunion du Comité régional des parlementaires (CRP) des pays membres s’est tenu à N’Djamena (Tchad) du 3 au 5 octobre dernier.

L’objectif principal de la réunion était la redynamisation de ce comité parlementaire, notamment après le renouvellement des députés intervenu dans la plupart des Etats membres, en rappelant aux nouveaux venus les rôles et les missions dévolus à ce dernier, voulu et créé par les chefs d’Etats des pays membres, en vue d’appuyer la CBLT à résoudre les défis posés par l'assèchement du Lac Tchad et la dégradation de l'environnement dans le bassin. A travers notamment des actions législatives, des campagnes de plaidoyer soutenues, des partenariats féconds et une meilleure collaboration avec les gouvernements et les parlements des états membres de la CBLT, dans le but évident d'assurer une meilleure gestion durable, l'utilisation harmonieuse des ressources communes et la mise en œuvre du projet de transfert des eaux de l’Oubangui vers le lac Tchad, comme levier pour la réduction de la pauvreté, la prospérité économique, la conservation de l'environnement, l’intégration et la stabilité régionale.

Cette réunion parlementaire a ainsi permis de faire le point sur la situation critique que connaît le bassin du lac Tchad sous le coup de la double menace climatique et sécuritaire, des résultats obtenus dans la mise en œuvre des actions pour y faire face, ainsi que des obstacles à surmonter, et des nouvelles priorités pour insuffler un nouvel élan à ce comité parlementaire, lui permettant ainsi de jouer véritablement son rôle. Une attention particulière a aussi été portée sur la délicate situation financière que connaît la CBLT, en raison du retard dans le paiement des contributions par tous les Etats membres, et par conséquent de l’accumulation des arriérés de contributions. Il y a été également question de la Charte de l’eau – cadre juridique de gestion de la précieuse ressource entre les pays membres – et dont la ratification tarde encore, ainsi que des actions à entreprendre pour faire avancer le dossier du transfert des eaux, ainsi que des moyens dont disposent les parlementaires pour faire aboutir toutes ces actions. Le troisième et dernier jour de la rencontre a été consacré aux visites. La première a concerné la Force multinationale mixte (FMM), une force d’environ 10 000 hommes (essentiellement issus du Cameroun, du Niger, du Nigeria et du Tchad, tous pays membres de la CBLT, ainsi que du Bénin), et dont le quartier général se trouve à N’Djamena. La seconde, au Président de l’Assemblée nationale du Tchad.

A l’Etat-major de la FMM, la délégation des parlementaires a été briefé sur les derniers développements des opérations en cours sur le terrain, contre la nébuleuse terroriste, dans le cadre de l’offensive « Gama Aiki » et les résultats notables qui ont déjà permis la neutralisation de centaines et de centaines de terroristes et la libération de plusieurs localités aux mains de Boko Haram, nonobstant les pesanteurs et les contraintes qui ralentissent les efforts de cette force, dont les lourdeurs des procédures et les incompréhensions avec l’Union Africaine dans le cadre du décaissement des fonds mobilisés par la communauté internationale dans le cadre de cette lutte.

La visite de courtoisie au président de l’Assemblée nationale du Tchad a permis aux honorables députés de faire un large tour d’horizon de la récession économique que vivent tous les états membres du bassin, non seulement à cause des efforts de guerre contre cette menace pour la stabilité et l’intégration régionales, mais aussi et surtout de la chute des cours de leurs principaux produits d’exportation. Lors de leurs échanges, les parlementaires ont dégagé les défis communs rencontrés de part et d’autre pour la consolidation d’un espace communautaire solidaire, apaisé et démocratique, en s’appesantissant notamment sur le drame humanitaire par les réfugiés et les personnes déplacées, la généralisation de la pauvreté et de la dégradation des conditions de vie, le manque de perspectives et le chômage des jeunes, l’accès aux services sociaux de base, etc.

En plus de permettre aux parlementaires de la CBLT de cerner davantage les enjeux auxquels est confrontée cette partie du bassin, cette réunion a permis de faire ressortir la nécessité de favoriser l’émergence de politiques susceptibles de prendre à bras le corps tous ces défis. Il leur a été rappelé que la contribution active des parlements était indispensable pour que les actions prioritaires des  programmes de la CBLT soient prises en compte dans les processus législatifs et de contrôle, notamment dans la facilitation de l’allocation budgétaire à cette dernière. Les parlementaires ont également un rôle essentiel à jouer pour s’assurer que les gouvernements de leurs pays respectifs honoraient leurs engagements, encourager leurs pairs à prendre des initiatives législatives louables car il est avéré que les propositions de loi constituent un moyen efficace pour inciter les gouvernements à agir sur certaines questions, mettre également mettre l'accent sur les actions de plaidoyer et les initiatives à développer pour porter très haut la cause du lac Tchad et mobiliser le maximum de partenaires et de ressources pour sa sauvegarde et sa revitalisation. L’importance de développer une meilleure expertise des ressources spécifiques à chaque région a également été soulignée, et ce, afin de mieux orienter le développement économique de ces régions vers des créneaux porteurs.

Par le biais d’échanges approfondis sur leurs façons de faire respectives, permettre aux honorables représentants de la CRP de renforcer leur expertise relative aux enjeux étudiés, de partager des solutions novatrices et d’identifier des pistes de collaboration éventuelles.

À l’issue des travaux de cette réunion de la CRP qui a enregistré un nombre record de participants dont une majorité de femmes, les membres de la Commission ont adopté leur programme d’activités et leur budget pour l’exercice 2017. Ils ont également réaffirmé leur ferme détermination à assumer le rôle et les responsabilités dévolus à leur commission, d’entreprendre rapidement de vigoureuses actions de plaidoyer non seulement au sein de leurs parlements et exécutifs respectifs, mais aussi au niveau des populations et auprès de la communauté internationale. Se réjouissant de l’aboutissement du processus démocratique en République centrafricaine, les parlementaires ont convenu d’une mission dans ce pays membre pour porter de vive voix leurs félicitations au nouveau parlement élu mais aussi pour intenter une action de plaidoyer pour la ratification de la Charte de l’eau. L’année 2017 s’annonce chargée avec la tenue de trois sessions : février à Abuja, Juin à Yaoundé et Septembre à Niamey.  

Créée en 2004, le Comité régional des parlementaires de la CBLT a, entre autres, pour objectif de faciliter le paiement des cotisations des Etats membres à la CBLT à travers les allocations budgétaires au niveau des parlements, la facilitation de la promulgation des législations pour la gestion durable des ressources communes, l'organisation des campagnes de plaidoyer et de sensibilisation sur les actions de réhabilitation du Lac Tchad, la promotion de la coopération et de l'intégration sous régionale, etc.

Depuis sa création, la CRP a à son actif, l’allocation, par le Nigeria, d’une somme de plus cinq millions de dollars US, pour l'étude de faisabilité du projet de transfert de l’eau, mais également le paiement d’une partie des arriérés de contribution des Etats membres à la CBLT, permettant ainsi à l’organisation régionale d’être à l’aise dans la mise en œuvre de ses programmes.