Réunion du Conseil des ministres de la défense, des Chefs d’Etat-major et des Chefs des Services de Renseignements et de Sécurité des pays membres de la CBLT et de la République du Bénin

Lundi, 18 Décembre, 2017

N’Djamena, 15 décembre – Les travaux de la réunion du conseil des ministres de la défense des pays membres de la Commission du bassin du lac Tchad et de la république du Bénin se sont tenus le 14 décembre 2017, à l’hôtel Hilton de N’Ndjamena, sous la présidence de M. Bichara Issa Djaballah, ministre délégué à la présidence de la république du Tchad, Chargé de la défense, des anciens combattants et victimes de guerre de la République du Tchad, en présence de M. Mansur Muhammed Dan-Ali, ministre de la défense du Nigeria, M. Kalla Moutari, ministre de la Défense de la République du Niger, M. Bah Oumarou Sanda, ambassadeur du Cameroun auprès de la République du Tchad, représentant le ministre-délégué à la Présidence chargé de la Défense du Cameroun, M. Alain Fortunet Nouatin, ministre délégué auprès du Président de la République, chargé de la Défense nationale du Bénin et l’ingénieur Sanusi Imran Abdullahi, Secrétaire exécutif de la Commission du bassin du lac Tchad et Chef de mission de la Force multinationale mixte (FMM).
Le Conseil a été précédé par une réunion des Chefs d’Etat- major des armées et des Chefs des Services des Renseignements et de Sécurité tenue le 13 décembre 2017, elle-même précédée par la réunion des experts militaires issus des pays membres de la CBLT et de la République du Bénin. Aussi, faut-il le rappeler que des officiers de l’Etat-major de la Force Multinationale Mixte ainsi que des responsables de la CBLT ont également pris à ces assises. La réunion du conseil des ministres de la défense a essentiellement planché sur le rapport de la réunion des Chefs d’Etat-major et des Chefs des Services des Renseignements des pays membres de la CBLT et de la République du Bénin. Ce rapport a trait, entre autres, à l’évaluation de la situation sécuritaire qui prévaut dans le bassin du lac Tchad ainsi que les recommandations sur les perspectives en termes de lutte contre le groupe terroriste Boko Haram.
Elle a également entériné le rapport sur la révision des Concepts d’opérations (CONOPS) et des procédures standards opérationnelles (PSO). Le Commandant de la Force Multinationale Mixte a fait le point de la situation sécuritaire actuelle dans le bassin et des succès enregistrés dans le cadre de la lutte contre Boko Haram. Il en ressort de ce point de situation que la situation sécuritaire générale dans la région du Lac Tchad est calme, mais reste très volatile et imprévisible. Les opérations militaires menées par la FMM, en coordination avec les forces armées nationales des pays contributeurs de troupes ont significativement réduit les capacités opérationnelles des terroristes de Boko Haram. Ces derniers sont à présent réduits à la pose des engins explosifs improvisés (EEI), aux attaques kamikaze, aux incursions dans les villages isolés à la recherche de ravitaillement en vivres, en armes et munitions, et aux actes de prédation. Aujourd’hui, l’on s’achemine lentement mais sûrement vers la phase de stabilisation et de retour à une vie normale, avec le desserrement encadré des frontières communes des pays concernés. Toutefois, la situation humanitaire générée par le conflit reste préoccupante du fait que les conditions de vie des populations touchées restent précaires et au regard des difficultés énormes qu’éprouvent les Etats membres à gérer les réfugiés, déplacés, repentis et présumés terroristes détenus. Selon le Bureau des affaires humanitaires des Nations unies (UNOCHA), quelque 17 millions de personnes sont en prise avec une situation d’urgence humanitaire complexe affectant dans les zones les plus touchées au nord-est du Nigeria, dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, à l’ouest du Tchad et au sud-ouest du Niger. L’impact combiné de l’aggravation de l’insécurité, de la rapide croissance de la population et de la grave vulnérabilité résultant des effets du changement climatique, de la dégradation de l’environnement, de la pauvreté et du sous-investissement dans les services sociaux se traduit par un nombre record de personnes ayant besoin de secours d’urgence. La barbarie de Boko Haram a poussé 2,3 millions de personnes à fuir leurs foyers. Dans la région, une famille sur trois est frappée par l’insécurité alimentaire. Les taux de malnutrition et de mortalité associée ont atteint un seul critique.

Dans son allocution d’ouverture, l’ingénieur Sanusi Imran Abdullahi, Secrétaire exécutif de la CBLT et Chef de mission de la FMM, a souligné l’importance de telles rencontres qui permettent aux pays contributeurs de troupes de la FMM de penser sereinement aux stratégies durables pour l’après conflit :“notre région nécessite des interventions multidimensionnelles afin de sortir du cadre des opérations strictement militaires et sécuritaires pour aller vers la réalisation des objectifs de développement, seules susceptibles de s’attaquer aux causes sous-jacentes de la criminalité, de la pauvreté et de l’insécurité dans la région.”

Il a, par la suite, indiqué que la CBLT et la FMM, de concert avec l’Union africaine, travaillent déjà sur une série de conférences internationales pour le développement d’une stratégie régionale de stabilisation des zones affectées par Boko Haram en particulier et pour toute la région en général. L’objectif global étant d’aboutir à une stratégie prenant en compte toutes les préoccupations des différentes parties prenantes et en lien avec les meilleures pratiques en la matière. Les conclusions de ces conférences serviront à affiner les initiatives anticipées de l’Union africaine et d’autres acteurs locaux, nationaux, régionaux ou internationaux pour fournir le soutien nécessaire à la Commission du bassin du lac Tchad pour ramener la paix, la stabilité et le développement dans la région.

Il convient de souligner que c’est lors du 14eme Sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement des pays membres de la CBLT, tenu à N’Djamena, en avril 2012, que les Chefs d’Etat et de gouvernement des pays de la CBLT ont convenu de la réactivation de la Force multinationale mixte de sécurité du bassin du lac Tchad, comprenant le Cameroun, le Niger, le Nigeria, le Tchad et la République centrafricaine. Forte d’environ 10 000 hommes, composée de contingents nationaux, la FMM dont le Quartier Général (QG) opérationnel se trouve à N’Djamena (Tchad), est devenue pleinement opérationnelle à partir de 2015, après avoir reçu la caution du Conseil de sécurité des Nations et du Conseil paix et sécurité de l’Union africaine. Depuis cette date, les opérations militaires et de sécurité conjointes menées au niveau régional contre le groupe terroriste Boko Haram, de concert avec les armées nationales des pays membres ont permis à réduire les capacités de nuisance de ce groupe terroristes tristement célèbre pour la cruauté et la barbarie de ses actes envers notamment les populations civiles de la région.