Un nouveau commandant à la tête de la FMM

Lundi, 7 Août, 2017

Un général remplace un autre à la tête de la Force Multinationale Mixte (FMM) des pays membres de la CBLT. Ainsi en ont décidé les Chefs d’Etat et de gouvernement de cette organisation régionale chargée de la préservation des ressources naturelles, de la supervision et de la coordination des projets hydrauliques transfrontaliers, du règlement et du contrôle des ressources en eau et de la résolution des conflits. Ainsi, le général de division Lucky Eluonye Onyenuchea Irabor est depuis le 8 juillet dernier le nouveau commandant en chef de cette coalition de forces armées des pays de la Commission du Bassin du lac Tchad (CBLT) et du Bénin, censée combattre Boko Haram, créer un environnement sécurisé dans les régions affectées par les activités de Boko Haram, réduire la violence contre les civils, restaurer l’autorité de l’État et faciliter le retour des déplacés et des réfugiés, etc. Il remplace à ce poste, un autre compatriote, le général de division Lamidi Oyebayo Adeosun, dont il partage aussi le parcours et une solide amitié affermie sous les drapeaux.

La cérémonie officielle de passation de commandement, qui a enregistré la présence de la crème militaire de la place de N’Djamena, s’est tenue au quartier général de la FMM, sis à Farcha, le 8 juillet 2017 dernier, sous la présidence du Secrétaire exécutif de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT), chef de mission de la FMM, l’ingénieur Sanusi Imran Abdullahi.

En installant le nouveau commandant de la FMM, le secrétaire exécutif de la CBLT, chef de mission de la FMM, Sanusi Imran Abdullahi s’est félicité de la réussite des opérations menées par cette coalition des forces du Nigeria, du Niger, du Cameroun, du Tchad et du Benin, sous l’égide de la CBLT. Il a précisé que cette dernière s’inscrit dans la droite ligne des efforts de construction d’une force multinationale pour lutter efficacement contre le terrorisme, tel que voulu les Chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de la CBLT pour affirmer leur détermination de promouvoir et de partager des valeurs de paix, de solidarité et de développement entre états d’un même ensemble. Le Secrétaire exécutif a toutefois déploré le manque de soutien financier auquel fait face la FMM pour mener à bien sa mission de toute importance : assurer la paix, la stabilité, la sécurité et le développement de la sous région.

Tout comme son prédécesseur, le nouveau commandant de la FMM, le général Lucky Eluonye Onyenuchea Irabor est issu de l’Ecole militaire interarmées du Nigeria. Avant sa nomination comme Commandant en chef de la FMM, le général Irabor a servi comme chef des opérations de terrain au Nigeria dans la lutte contre Boko Haram, notamment lors de la fameuse opération « Lafiya Dole » où il était responsable de la prise de la forêt d’Alargano, considérée comme étant le sanctuaire spirituel de Boko Haram. Il a aussi planifié et conduit de bout en bout les opérations « Crack Down 1 et 2 », « Rescue finale » et « Deep Punch » qui ont permis l’éradication complète des camps de Boko haram dans la forêt de Sambisa, la destruction de nombreux véhicules, engins et armes de guerre et la libération de plusieurs milliers de prisonniers détenus par le groupe terroriste dont plusieurs des filles de Chibok.

Quatrième commandant en chef de la FMM depuis sa réactivation, le général de division Lucky Irabor est un militaire pétri d’expériences dans la lutte contre le terrorisme. Il a été plusieurs fois commandant dans les opérations militaires contre Boko Haram au Nigeria et dans les pays voisins. Sa nomination intervient dans le cadre de nouvelles stratégies adoptées par l’armée nigériane dans la lutte contre Boko Haram où, plusieurs officiers ont été nommés et affectés dans les opérations militaires sur le plan national et international.

Il faut rappeler que la récurrence et l’aggravation des actes terroristes de la secte islamiste Boko Haram dans le bassin du lac Tchad ont conduit les chefs d’États et de gouvernement de la CBLT à mettre sur pied une force conjointe de lutte contre le terrorisme destinée à empêcher collectivement Boko Haram de continuer sa criminelle expansion. La force multinationale mixte (FMM) de la CBLT a ainsi pu prendre corps après son adoubement par le sommet de l’Union Africaine (UA) de janvier 2015, à Addis Abeba. Composée à majorité des effectifs des États de la Commission du bassin du lac Tchad (Nigéria, Tchad, Cameroun, Niger) et du Bénin,  cette coalition de près de 10.000 hommes opère dans une zone qui recouvre les pays concernés par la menace du groupe terroriste. Véritable exemple de coopération pragmatique en Afrique, la FMM constitue l’occasion pour les États de la CBLT en guerre contre le terrorisme d’affirmer leur volonté de promouvoir et de partager des valeurs de paix, de solidarité et de partage. Une percée diplomatique majeure offrant de nombreux avantages dont celle de triompher des égoïsmes étatiques et de se mobiliser collectivement contre une menace commune. Elle offre aussi l’occasion d’ériger la force multinationale mixte en exemple de coopération pragmatique en Afrique. Au-delà de la lutte contre Boko Haram, il s’agit surtout d’asseoir une véritable force sous régionale chargée de la lutte contre le terrorisme et l’insécurité.