Validation de la stratégie de protection des civils de la FMM

Mercredi, 27 Février, 2019

Les travaux de l'atelier de validation du document de stratégie de protection des civils de la Force multinationale mixte (FMM) de la CBLT (Commission du bassin du lac Tchad) se sont déroulé les 26 et 27 février 2019 à l’hôtel Radisson Blu de N’Djamena.

Organisée par la FMM et la CBLT, en collaboration avec le Conseil Paix et sécurité de l’Union Africaine et le Système des Nations Unies, cette rencontre regroupe un large éventail de militaires et d’humanitaires. Elle vise à partager le contenu du document de stratégie de protection des civils, élaboré par la FMM, avec les acteurs concernés afin de valider et d'adopter les différentes approches et les activités à entreprendre par cette force régionale de près de dix mille hommes composée des contingents du Cameroun, Nigeria, Niger, Tchad et du Benin pour combattre Boko Haram, y compris la protection des civils des dommages résultant de la conduite des opérations militaires ou le renforcement de la protection contre les exactions de Boko Haram et autres acteurs dans la zone du conflit.

Dans son discours d'ouverture, le Secrétaire Exécutif de la CBLT, Chef de mission de la FMM a indiqué que le document soumis à l’approbation des participants comprend des éléments d’engagement politique et de résolutions de conflits, de protection physique des personnes, et de mise en place d’un environnement  sûr, dans lequel l’intégrité physique de tous les civils dans le bassin du lac Tchad, est intégralement respectée, protégée et promue. Il est conforme à la lettre et à l’esprit des instruments internationaux, y compris la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, la Convention de l’UA sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées dans leur propre pays, la Convention régissant les aspects spécifiques aux problèmes des réfugiés en Afrique, et le droit international, y compris le Droit International Humanitaire, les droits de l’homme et les droits des réfugiés ou des personnes déplacées, etc.

L’ambassadeur Mamman Nuhu a précisé que cette stratégie de protection des civils renferme des mesures importantes où la composante civile est appelée à jouer un rôle déterminant à toutes les étapes : protection physique, dialogue et engagement, et établissement d’un environnement protecteur.
Le coordonnateur résident du Système des Nations unies pour le Tchad a, pour sa part, indiqué que la protection des civils dans les conflits armés constitue un principe fondamental du droit humanitaire et une responsabilité incombant à toutes les parties prenantes. Il s'agit d'une question globale et transversale qui fait intervenir les Etats affectés par la crise, les troupes sur le terrain, les humanitaires, les organismes du système des Nations Unies, etc. La protection est intégrale et transversale. Il s’agit d’une question intersectorielle qui devrait être intégrée dans tous les aspects de la réponse sécuritaire et humanitaire. A cet effet, il incombe à tous les acteurs de s’assurer que leurs activités n’entraînent ou ne perpétuent pas la discrimination, les exactions, la violence, la négligence ou l’exploitation. Bien au contraire, ces activités devraient promouvoir et respecter les droits de l’homme et renforcer la protection. Elles doivent s’illustrer par la lutte contre l’impunité,  la promotion et la protection des droits de l’homme, le plaidoyer et l’accès à l’aide humanitaire,  la promotion de la justice,  le rétablissement de l’état de droit et la restauration de l’autorité de l’État. 

M. Stephen Tull a rappelé que les principales victimes de la crise Boko Haram dans le bassin du lac Tchad demeurent les populations civiles. Les violations incriminées touchent les populations les plus vulnérables, à savoir femmes, enfants, personnes âgées, réfugiés et déplacés… Les atteintes contre les personnes portent sur les crimes, les mutilations physiques, la torture, la traite des êtres humains, les violences sexuelles, l’enrôlement forcé des enfants, l’attaque intentionnelle de civils ou de biens protégés, les atteintes graves à l’intégrité physique, l’élimination de personnes, la déportation, la détention illégale, la prise d’otages, les déplacements forcés, l’utilisation des civils innocents comme kamikazes et autres préjudices.

Enfin, il a loué les efforts de la CBLT et des pays membres dans la mise en œuvre de la stratégie régionale de stabilisation, dont la stratégie de protection des civils n’est qu’une des composantes, et a réaffirmé l’engagement du système des Nations Unies d’appuyer le renforcement de cette organisation et de ses capacités, en vue de bâtir un milieu protecteur et promouvoir l’état de droit dans la région du lac Tchad.