Visite du Secrétaire exécutif, chef de mission de la FMM au niveau du Secteur 4 de la Force multinationale mixte

Vendredi, 6 Septembre, 2019

Visite du Secrétaire exécutif, chef de mission de la FMM au niveau du Secteur 4 de la Force multinationale mixte

N’Djamena, 2 septembre 2019. Du 26 au 28 août 2019, le Secrétaire exécutif de la CBLT, Chef de mission de la Force multinationale mixte (FMM), a effectué une visite de terrain au niveau du secteur 4 (Diffa, au Niger) de cette force régionale regroupant les contingents du Cameroun, du Niger, du Nigeria, du Tchad et du Benin, engagés dans la lutte contre Boko Haram. A la tête d’une délégation comprenant le Commandant de la FMM, la Représentante de la Commission de l’Union Africaine pour le Tchad et de ses proches collaborateurs, l’ambassadeur Mamman Nuhu s’est entretenu notamment avec les principaux responsables administratifs et militaires de cette région du Sud-Est du Niger, avant d’effectuer une visite de terrain pour l’inauguration d’une case de santé, construite par l’Union africaine, dans le village de Nouri (commune de Chetimari).

Cette visite – la première du genre depuis son entrée en fonction – avait pour but, d’une part, de soutenir les efforts des troupes engagées dans la lutte contre Boko Haram ; et, d’autre part, de mieux saisir les ressorts de la crise sécuritaire, humanitaire, économique et de développement qui touche la région de Diffa en particulier et le bassin du lac Tchad en général. Accessoirement, il s’agissait aussi de voir de visu, d’écouter attentivement et d’expliquer davantage les enjeux ainsi que l’esprit et la lettre de la stratégie régionale de stabilisation, de redressement et de résilience des zones du bassin du lac Tchad affectées par la crise Boko Haram, adoptée par les Etats membres et entérinée par la Commission de l’union africaine et les organisations du système des Nations Unies.

« C’était extrêmement important pour ma délégation et moi-même de venir à Diffa pour rencontrer et écouter les autorités locales et les communautés. Dans le but évident d’apprécier directement le travail réalisé par la FMM au niveau du secteur 4 mais aussi de mieux cerner les besoins, pratiques courantes et obstacles auxquels la région de Diffa fait face actuellement en ce qui concerne la lutte contre Boko Haram d’une part et la mise en œuvre des solutions durables à cette crise pour le court, le moyen et le long terme. De plus, mieux que le meilleur des rapports, cette visite m’a permis d’affiner ma compréhension des questions et surtout des difficultés qui touchent directement la vie des populations… », a notamment résumé l’ambassadeur NUHU.

Accueillie en grande pompe à l’aéroport de Diffa par le Gouverneur de la région, le commandant du secteur 4 de la FMM, le commandant de la zone de défense N° 5 ainsi que par des responsables forces de défense et de sécurité de la région, la délégation s’est immédiatement rendue au Gouvernorat où elle a eu droit à un large tour d’horizon sur la situation sécuritaire de la zone. Laquelle a provoqué une profonde crise économique avec des répercussions désastreuses au plan humanitaire. Ainsi, plus d’une personne sur trois dans cette région, jadis stable et dynamique, est aujourd’hui un déplacé forcé.

Le tout nouvel Gouverneur de la région, M. Issa Lamine s’est dit très honoré de cette visite du Secrétaire exécutif de la CBLT, la première du genre depuis la création de cette organisation régionale. Il a aussi souligné les efforts et l’engagement de la FMM dans l’amélioration des conditions sécuritaires et de vie de ses administrés. Il a affirmé que les tentatives d’enlèvements de personnes avec demande de paiement de rançons, les pillages de vivres et les vols de bétails auxquels se livre aujourd’hui cette bande de hors la loi constituent autant de signes patents d’une organisation aux abois, incapable de mener désormais des attaques de grande envergure et réduite à des coups d’éclats afin frapper l’opinion. Il a aussi indexé la pauvreté endémique, les inégalités, les exclusions, l’accès limité aux services de base tels que la santé, l’éducation, l’eau et l’énergie, le chômage élevé des jeunes, les déficits de la gouvernance et des services publics…, comme tares principales jetant les jeunes de la région dans les rets de Boko Haram. Il a ajouté qu’aujourd’hui « beaucoup d’entre eux sont désillusionnés et qu’ils ont tourné dos à cette aventure sans lendemain », avant de conclure : « Autorités administratives et coutumières, forces de défense et de sécurité, communautés…, chacun doit jouer sa partition pour en finir une fois pour toute avec cette nébuleuse… Car, quel qu’en soit la force et la vaillance de nos troupes, elles ne peuvent être partout à la fois, derrière chaque homme ou femme ; elles ont donc besoin des populations pour les renseigner et les informer sur chaque mouvement suspect …Sinon, tous les actes posées par ces ennemis portent à croire qu’ils sont aux abois et que la victoire des forces du bien contre cette horde de criminels est à portée de la main… ».

En réponse, l’ambassadeur Mamman Nuhu a tenu à réitérer le soutien de la CBLT et de ses Etats membres « aux communautés riveraines du bassin du lac Tchad en générale celles de Diffa en particulier, dans la mobilisation des ressources et investissements nécessaires pour soutenir les efforts et les initiatives pour la stabilisation de la situation et l’amélioration des conditions de vie des populations  ». Il a reconnu que le relèvement durable de la zone suppose la construction ou la reconstruction des écoles et des centres de santé, la réhabilitation des infrastructures essentielles, notamment en matière d’agriculture, d’élevage, de pêche, d’approvisionnement en eau, desquelles dépendent majoritairement les populations. Comme préconisé par la stratégie régionale de stabilisation, afin de parvenir à une paix durable, il est indispensable de s’attaquer aux causes profondes de cette crise. Cela permettrait non seulement d’occuper et de donner de meilleures perspectives à la jeunesse et à tous les groupes marginalisés mais aussi de couper l’herbe sous les pieds de tous les extrémistes et les radicaux de tout poil avec des interventions globales au profit de tous les membres de la société.

Il a réaffirmé que la CBLT et ses partenaires, à travers la mise en œuvre de la stratégie régionale de stabilisation, travaillent sur des initiatives locales, nationales et transnationales pour contribuer à la réduction de la pauvreté, au développement des capacités, à une gouvernance efficace, à la gestion des ressources naturelles, au relèvement rapide, à la réduction des risques de catastrophe, à la cohésion sociale, à la consolidation de la paix et à la résilience.

Une autre priorité est la régénération du lac Tchad, a-t-il poursuivi. Car, le lac et ses zones humides ont perdu 90% de leur eau du fait de la gestion non durable des ressources en eau et des changements climatiques. « Cette question de la revitalisation du lac Tchad et ses ressources en eau est au cœur des priorités des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres ; ils y attachent beaucoup de prix à cette question…», a-t-il souligné en pointant du doigt les recommandations de la conférence internationale sur le lac Tchad, tenue à Abuja en février 2018. Laquelle a décidé la mise en place d’un fonds pour la sauvegarde du lac Tchad et ses ressources

Toutes ces questions sont étroitement liées, a-t-il poursuivi. Aussi, importe-t-il de les considérer dans leur globalité. Car, la solution aux crises multidimensionnelles complexes auxquelles est confronté le lac Tchad réside dans une démarche régionale globale. Il convient donc d’y répondre par une action ciblée et coordonnée, visant à renforcer la stabilité, accroître la présence des pouvoirs publics, encourager le développement, accroître la résilience et faire reculer la pauvreté. D’où l’importance de la stratégie régionale de stabilisation : une approche globale, fondée sur des compétences et la volonté partagée  de coopérer entre Etats unis par une destinée commune, qui trace d’avance la voie à suivre, mettant en évidence les buts à atteindre, les cadres et les moyens d’action pour l’atteinte des objectifs au niveau local, national, régional et international, à court, moyen et long terme…

« J’ai beaucoup appris. Et ce que j’ai vu de mes propres yeux me conforte dans mon analyse que nos populations, qui sont majoritairement agriculteurs, pêcheurs, éleveurs, artisans ou un peu de tout à la fois…ont plus besoin d’aide pour reconstituer leurs moyens de subsistance que de leur donner à manger… », a-t-il souligné. 

Le Secrétaire exécutif a aussi mis à profit son séjour, pour procéder à l’inauguration de la case de santé dans le village de Nouri, dans la commune de Chetimari. Construite par l’union africaine, dans le cadre des projets à impacts rapides afin de soutenir la stabilisation du bassin du lac Tchad, cette infrastructure vise notamment à aider soulager les maux de cette population tout en améliorant l’image de la Force multinationale mixte auprès de ces dernières.

Tout au comme précédemment au Cameroun, le Secrétaire exécutif, Chef de mission de la FMM a profité de cette occasion pour décerner au passage des témoignages de satisfaction à des personnalités aussi bien civiles que militaires pour leur engagement et leur dévouement à la stabilisation et au développement de la région du bassin du lac Tchad. Ainsi, tour à tour, le Gouverneur de la région, le commandant du secteur 4 de la FMM, le Commandant de zone de la région de Diffa, l’Adjoint au commandant de la FMM ont été distingués.