Adaptation au Changement Climatique dans le Bassin du Lac Tchad (GIZ)

Brève description

Dans la zone sahélienne, le changement climatique, avec l’élévation consécutive des températures et la variabilité accrue de la pluviosité, aura des répercussions particulièrement graves pour l’agriculture  (IPCC, Intergovernmental Panel on Climate Change). Déjà depuis les années 1970, les sécheresses et les inondations ont nettement gagné en fréquence et en intensité dans cette région. Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement, la réduction de la superficie du Lac Tchad est imputable à 50% au changement ou aux variations climatiques. Le reste est dû à l’utilisation accrue de l’eau des affluents du Lac pour l’irrigation et pour couvrir les besoins d’une population croissante, en particulier au Nigeria, au Cameroun et au Tchad.

Le bassin du Lac Tchad est l’un des plus grands bassins sédimentaires endoréiques de l’Afrique. Avec ses vastes étendues de pâturages et de terres arables et ses riches ressources halieutiques, cette région revêt une grande importance tant sur le plan économique qu’écologique pour les pays riverains, c’est-à-dire le Tchad, le Nigeria, le Niger, le Cameroun, la République centrafricaine et la Libye. Le Lac Tchad, avec ses affluents constitue un précieux réservoir d’eau au cœur de la zone sahélienne.

Le bassin du Lac Tchad est habité actuellement par une population multi-ethnique d’environ 38 millions d’habitants, composée en grande partie de familles rurales pauvres vivant de l’agriculture de subsistance. Les effets du changement climatique sont particulièrement ressentis dans l’agriculture, l’élevage et la pêche. La production des surfaces traditionnellement utilisées pour des cultures pluviales, irriguées et de décrue, tout comme celle des pâturages et des activités de pêche sont menacées par la forte variabilité des précipitations. L’absence de pluie entraîne des pertes de récolte et des dommages dans la végétation naturelle. Les fortes averses causent des inondations et l’érosion des terres cultivées. Ces changements dans les conditions climatiques font augmenter l’insécurité alimentaire, les tensions sociales et la pauvreté et renforcent les flux migratoires parmi les populations concernées.

Le projet « Adaptation au Changement Climatique » de la coopération allemande au développement fournit, au niveau régional, une assistance technique à la Commission du Bassin du Lac Tchad, à ses structures décentralisées dans le États membres ainsi qu’aux ministères sectoriels et acteurs nationaux. Au niveau local, le projet travaille dans une zone pilote transfrontalière, située au Tchad et au Cameroun, avec des associations et groupes de producteurs agricoles composés de femmes et d’hommes. La mise en œuvre des activités dans la zone pilote se fait en coopération avec des organisations non gouvernementales et des services techniques nationaux. Les bonnes pratiques traditionnelles et modernes d’adaptation au changement climatique, qui ont été appliquées avec succès dans la zone pilote, sont mises à la disposition des administrations publiques, institutions et organisations de producteurs de l’ensemble du bassin du Lac Tchad et des États membres.

Objectifs

Les prestations de services de conseil et le renforcement des compétences sur le climat et l’agriculture ont pour but de mettre les unités techniques de la CBLT en mesure de conseiller adéquatement les États membres et d’élaborer des propositions de solutions intégrées. Cela permet la coordination transfrontalière de l’exécution des plans d’action nationaux (PANA) et des diverses mesures d’adaptation au changement climatique par la CBLT.

Réalisations

En vue de renforcer les capacités de la Commission à accomplir ses tâches et à atteindre des résultats durables, des domaines d’intervention transversaux ont été définis :

  • Développement de connaissances et capacités techniques sur le changement climatique, de stratégies d’adaptation et de bonnes pratiques au sein de la Commission du Bassin du Lac Tchad
  • Appui à la Commission dans la prestation de conseils aux États membres sur l’élaboration et/ou la mise en œuvre de leurs stratégies nationales d’adaptation au changement climatique (Plan d’action national d’adaptation, PANA).
  • Étude des effets du changement climatique sur différents systèmes d’exploitation agricole
  • Développement et diffusion de différentes  mesures d’adaptation dans les principaux systèmes de production
  • Mise en place d’un réseau réunissant les principaux acteurs à des fins d’échange d’informations et de données sur le changement climatique (Plateforme régionale de transfert de connaissances)
  • Sensibilisation des groupes et associations de producteurs locaux.

Perspective

La durabilité des mesures d’adaptation mises en œuvre au niveau local est assurée par l’application systématique d’approches participatives et la coopération étroite avec des partenaires du secteur public et de la société civile, induisant une productivité plus élevée et plus sûre des exploitations agricoles (sécurité alimentaire). Le projet contribue ainsi à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.

Partenaires

Comité du Basin du Lac Tchad et leurs points focaux du changement climatique, les ministères compétents

L’Institut fédéral de Géosciences et de Ressources naturelles (BGR).

Liens

Lake Chad Basin Commission

Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit GmbH

Bundesanstalt für Geowissenschaften und Rohstoffe

Global Runoff Data Center GRDC

Deutscher Wetterdienst

Commission International pour la Protection de la Danoube

Commission Internationale pour la Protection du Rhin (CIPR)

Commission Internationale du Bassin Congo-Oubangui-Sangha

Nile Basin Initiative

Autorité du Bassin du Niger (ABN)

ESA Tigernet Initiative, Looking for Water in Africa

EMMA European Multiservices Meteorological Awareness

National Aeronautics and Space Administration