Préservation du Lac Tchad : Contribution a la Stratégie de développement du Lac (FFEM-AFD)

Les Prosopis à Boulatoungour  dans la cuvette nord (février 2004)

Brève description

PAYS : Mutltinational

INTITULE DU PROJET : Préservation du Lac Tchad : Contribution a la Stratégie de développement du Lac (FFEM-AFD)

Pays : Libye, Niger, Nigeria, Cameroun, République Centrafricaine, Tchad

Bénéficiaire : Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT)

AGENCE D’EXÉCUTION : Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) B.P : 727 N’Djamena (Tchad) Tél. : (235)22 52 39 38 Fax : (235)22 52 41 37 Site Internet : www.cblt.org

Domaine d’application : Eaux internationales

Montant de la subvention FFEM (en Euros) : 0,8 million d’Euros

Durée prévisionnelle du projet : 3 ans

Date de démarrage du projet : Septembre 2012

Date de la signature de la convention : 13 Mars 2012

Situation initilale

Le projet s’inscrit dans la continuité du programme de développement durable du Lac Tchad (PRODEBALT) en cours de réalisation et en lien avec les programmes prévisionnels du FEM (Fond pour l’Environnement Mondial) et BAD (Banque Africaine de Développement). Il s’entend comme un outil d’aide à la décision pour la définition d’un aménagement durable du Lac Tchad et intègre ainsi l’ensemble des données existantes produites dans le cadre des précédents programmes de recherches et études.

La cuvette nord du Lac Tchad, partie nigérienne (2009)

Objectifs

L’objectif global du projet est de contribuer à la préservation du Lac Tchad et de son rôle socio-économique et environnemental pour les pays limitrophes, à travers l’élaboration des propositions  opérationnelles, dans le respect de la préservation des écosystèmes et d’une gestion concertée des ressources en eau.

Les objectifs spécifiques sont précisés à travers la mise en œuvre de trois composantes ci-après, confiées respectivement à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD, composantes 1 et 2) et l’Office International de l’Eau (OIEau, composante 3):

Composante 1 : Synthèse des connaissances et définition des contraintes de gestion et indicateurs de suivi

La mise en œuvre de cette composante s’appuiera sur un collège d’experts coordonné par l’IRD, partenaire du projet, en collaboration avec ses partenaires académiques. Le collège d’experts poursuivra un double objectif :

  • Produire une synthèse consolidée des connaissances scientifiques et techniques les plus récentes se rapportant au sujet  pour mieux apprécier les dynamiques humaines et environnementales du Lac dans le cadre d’un véritable échange entre scientifiques et parties prenantes locales;
  • Proposer des conclusions et recommandations venant clairement en réponse aux questions initiales.

L’expertise collégiale (collège des experts ) est composé de 12 experts à parité nord-sud, pluridisciplinaire, pluri-institutionnel et pluraliste.

Composante 2 : Fiabilisation/complément du modèle existant

Ce volet est essentiel pour prendre en considération tous les compartiments (lac et aquifère, rivières, zones humides) et flux (précipitation, ruissèlement, infiltration, évaporation) du cycle hydrologique explicatif du bilan hydrologique du lac.

Cette composante vise à observer et modéliser de manière intégrée la variabilité hydrologique et d’évaluer les ressources en eau (de surface et souterraines)  du basin du lac Tchad pour mieux apprécier la quantification des échanges entre le lac et les aquifères afin d’améliorer la pertinence des simulations du modèle existant.

Composante 3 : Appui pour l’entrée en vigueur de la Charte de l’Eau et renforcement des relations avec les autres Organismes de Bassins.

Cette composante a pour objet de faciliter le franchissement des étapes restantes et de lever les éventuels verrous pour permettre la mise en œuvre de la Charte de l’Eau. Il s’agira de fournir un accompagnement à la CBLT afin  de :

  • Favoriser l’adhésion des pays membres à la Convention des Nations sur les cours d’eau internationaux de 1997 ;
  • Aider à l’entrée en vigueur de la Charte de l’Eau du bassin du Lac Tchad par un accompagnement de processus de ratification et de vulgarisation de la Charte dans les pays membres ;
  • Renforcer les relations avec des organisations de bassins transfrontaliers qui partagent généralement des problématiques communes.

Cette composante est coordonnée par l’OIEau qui intervient déjà dans le cadre d’une mission transversale auprès de l’ABV, l’ABN, l’OMVS et la CICOS visant l’échange et la capitalisation entre autorités de bassin.

Réalisations

Composante 1 :

  1. Organisation de l’atelier initial de l’expertise collégiale (atelier de lancement du projet) et du Comité de pilotage en septembre 2012 ; l’atelier a pour but d'échanger des informations de divers ordres, sur tous les domaines concernant le Lac Tchad, et notamment:
  1. Faire part des recherches récentes ou en cours dans les différents domaines,
  2. Ajouter si besoin des rubriques à la table des matières proposée,  en donnant des références aussi complètes que possibles, voire en fournissant les documents,
  3. Signaler aussi les manques de connaissance dans certains domaines, et la nécessité de programmes de recherche (ou de données de suivi).
  4. Contribuer à l’élaboration de la table des matières de la synthèse, en gardant en tête l'objectif qui est de produire avec les gestionnaires une information utile et utilisée pour la gestion et les décisions
  1. Organisation de la Réunion 1 du Collège des Experts (du 10 au 12 décembre 2012) qui a pour but de présenter aux experts ou faire valider:
    1. Les éléments du contexte et le cadrage de l’étude
    2. Le dispositif et la méthodologie de l’expertise collégiale
    3. Le calendrier prévisionnel
    4. La feuille de route du collège des experts
    5. L’organisation interne du collège
    6. Présentation des experts du Collège (cartographie des spécialités, expériences et sensibilités de chacun, repérage des complémentarités internes au collège, etc.) et leur installation.
  2. Organisation de la Réunion 2 du collège des experts (15 au 18 février 2013) qui s’inscrit dans la continuité du calendrier de l’expertise collégiale. Elle intervient deux mois seulement après l’installation du collège. Suite à la réunion 1 du collège et aux échanges à distance des experts qui s’en sont suivis, elle a permis, conformément à son ordre du jour, de faire le point sur le premier stade d’avancement des travaux de l’expertise, d’approfondir les points de discussion à l’échelle du collège, d’identifier les insuffisances, affiner l’approche ou situer la place des questions transversales pour, sur ces bases, programmer avec la plus grande précision possible la phase suivante de rédaction devant aboutir une réunion 3 productive (dernière réunion du collège).

La liste des questions initiales soumise à l’approbation du comité de pilotage de l’expertise collégiale à l’issue de l’atelier initial du 20 septembre à N’Djamena, a été retravaillée et approfondie lors des deux réunions du collège des experts de N’Djaména (décembre 2012) et Maroua (février 2013).

Composante 2 :

Les experts sont , depuis fin décembre 2012, en mission de reconnaissance de terrain autour du lac et dans le bassin en vue de l’amélioration des connaissances du fonctionnement du lac au niveau chimique et géochimique et de la relation entre la nappe phréatique et le lac, sur les pourtours du Lac Tchad ; mais aussi pour la localisation des sites appropriés pour l’installation des équipements pour la géophysique en vue d’améliorer la représentation bathymétrique du lac pour l’amélioration du modèle de la CBLT. 

Composante 3 :

Suite à la signature du contrat entre la CBLT et l’OIEau le 11 janvier 2013, intervenue après l’organisation à N’Djamena de l’atelier national de vulgarisation de la Charte par le Secrétariat Exécutif de la CBLT en collaboration avec le Point Focal du Tchad, l’OIEau a accompagné la CBLT dans l’organisation et l’animation de l’atelier national de vulgarisation de la Charte au Niger ainsi que  l’atelier national d’information et de sensibilisation sur la Convention de New York de 1997 relative à l’utilisation des cours d’eau internationaux à d’autres fins que la navigation.

Tous les ateliers organisés avaient regroupés de parlementaires, des décideurs, des acteurs de terrains ainsi que les usagers de l’eau.

Il faut rappeler que le Niger est le premier pays à ratifier la Charte de l’Eau du bassin du lac Tchad, quant à la Convention des nations unies de 1997, quatre des six pays membres de la CBLT y ont adhéré, notamment, la Libye, le  Nigeria, le Tchad et le Niger. 

Perspective

  1. La réunion 3 du collège des experts, prévue en juin 2013 et celle du Comité de pilotage, confirmeront la restitution en octobre 2013 du rapport final de l’expertise collégiale qui constituera un document de référence sur les connaissances du Lac et dressant des indicateurs de suivi pour la préservation et partant sur les indicateurs de développement durable du lac Tchad.
  2. A la fin de l’étude (fin 2015) sur la fiabilisation et/ou complément du modèle de planification du Lac Tchad existant, les ressources en eau (surface et souterraines) du bassin du Lac Tchad ainsi que leurs interactions sont évaluées et mieux connues pour planifier la gestion intégrée et durable des ressources en eau du bassin du Lac Tchad.
  3. D’ici fin 2013 – mi  2014, toutes les annexes restantes de la Charte de l’eau seront rédigées et approuvées, tous les pays membres de la CBLT auront ratifié la Charte de l’Eau,  adhéré à la Convention de New York de 1997 et mettront en œuvre la charte de l’eau qui précise et complète la Convention de 1964 créant la CBLT.

En fin 2015, tous les résultats obtenus du projet auront donc contribué à la préservation du Lac Tchad et de son rôle socio-économique et environnemental pour les pays limitrophes, à travers l’élaboration de propositions opérationnelles, dans le respect de la préservation des écosystèmes et d’une gestion concertée et durable des ressources en eau.