La baisse de la viabilité des ressources biologiques

Un champ de maïs détruit par les inondations aux abords du Lac Tchad
Scène de pêche sur le Logone
Prolifération des espèces envahissantes dans le Canal de Vrick au Cameroun

La baisse de la viabilité des ressources biologiques dans le Bassin du Lac Tchad concerne l'incapacité de régénération des ressources végétales et animales de faire rapidement front à l'exploitation et aux perturbations (disparition des jeunes plantes d'arbre, déconfiture des pêcheries, la stérilisation des sols, etc..), dont les causes sont la pression de population, le bas niveau de la prise de conscience environnementale et l'absence du concept de développement durable dans les programmes politiques des Etats membres. Ce phénomène entraîne un effet de spirale dès lors que les pénuries causent plus d’instabilité dans la récolte des ressources et, ce faisant, davantage de dégradations. La conséquence socioéconomique nette est l’enracinement de la pauvreté dû aux manques des ressources. Elle contribue également à la perte de la biodiversité et à la variabilité croissante du régime hydrologique et de la disponibilité de l'eau douce.

Les ressources biologiques sont constituées de la biomasse, les terres agricoles, les réserves de poissons et d’animaux et les forêts dans le Bassin. Les stocks de ces ressources biologiques étant limités, elles s’épuisent en fonction de leur exploitation. Étant donné qu’elles sont renouvelables, ces stocks peuvent se reconstituer sur une ou plusieurs générations. En revanche, si elles sont surexploitées, si les conditions écologiques et climatiques sont déséquilibrées et si la qualité des ressources naturelles est trop détériorée, leurs stocks risquent de ne pas se reconstituer.

Un champ de maïs détruit par les inondations aux abords du Lac TchadLes causes principales de cette baisse de la viabilité des ressources biologiques sont la diminution drastique des eaux du Lac et la pression démographique.

La diminution des eaux du Lac

De 1960 à 2000 le Lac Tchad est passé de 25 000 km² à 2 500 km². Cette diminution a pour conséquence la réduction des espaces cultivables, les zones de pâturage et surtout les milieux naturels de la faune de reproduction, d’alimentation et de refuge (poissons, hippopotames, caïmans . . .).

La pression démographique

Scène de pêche sur le LogoneLa population du Lac augmente rapidement par une croissance naturelle des habitants, l’arrivée massive des migrants à la recherche du poisson, du pâturage et de l’emploi. Cette croissance rapide a pour conséquence la réduction des espaces naturelles des animaux et les zones de pâturage au profit des terres cultivables. La perturbation des zones de multiplication du poisson et autres animaux aquatiques.L’utilisation des équipements non conventionnels pour la capture du poisson et la chasse abusive de certains animaux sont des pratiques qui contribuent à la diminution de la biodiversité.

Autre cause de la baisse de la viabilité des ressources biologiques

Le surpâturage  est l’une des causes de la baisse de la viabilité des ressources biologiques. Les éleveurs transhumants qui viennent avec des troupeaux sur un espace réduit provoquent très régulièrement des épidémies des animaux et détruisent les habitats naturels de la faune.

L’utilisation abusive des produits phytosanitaires sur les cultures et dans les marres est aussi un facteur de perturbation de la biodiversité.

Perspective

Les stocks de ressources biologiques étant limités, elles s’épuisent en fonction de leur exploitation. Étant donné qu’elles sont renouvelables, ces stocks peuvent se reconstituer sur une ou plusieurs générations. En revanche, si elles sont surexploitées, si les conditions écologiques et climatiques sont déséquilibrées et si la qualité des ressources naturelles est trop détériorée, leurs stocks risquent de ne pas se reconstituer.

Dans l’optique de la lutte contre la baisse de la viabilité des ressources biologiques dans la Lac, la CBLT avec l’appui de certains bailleurs (la BAD) a mis en place le Programme de Développement Durable du Bassin du Lac Tchad. Ce Programme vise entre autre la réhabilitation environnementale par :

  • la défense et restauration des sols et la conservation des eaux et sols ;
  • la régénération des écosystèmes pastoraux dégradés ;
  • la lutte contre la prolifération des espèces aquatiques envahissantes et la pollution ;
  • la conservation de la biodiversité (la race bovine Kouri) ;
  • les aménagements pour les apports d’eau dans le Lac ;
  • la gestion durable des espèces forestières, pastorales et halieutiques.

Prolifération des espèces envahissantes dans le Canal de Vrick au CamerounParallèlement les Etas riverains ont mis en place, en plus de leur rôle régalienne pour la préservation de l’environnement, des organismes de développement qui concourent à la lutte contre la baisse de la viabilité des ressources biologiques. Par exemple :

  • au Cameroun : le Projet de Développement Rural Intégré Chari-Logone (PDRI-CL)
  • au Niger :
  • au Nigeria: le Chad Basin Development Authority (CBDA), le Lake Chad Research institute,
  • au Tchad : la Société de Développement du Lac (SODELAC), Projet de la conservation de la vache Kouri à Bol,