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GLOBAL ENGAGEMENT

Le lac Tchad sur la scène mondiale : la CBLT et la GIZ portent la voix du bassin à la Semaine mondiale de l’eau de Stockholm 2026

Par le Programme GIZ-CBLT de gestion durable des ressources en eau du bassin du lac Tchad – LACHAWAMA

Du 23 au 27 août 2026, la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) et l’équipe du projet GIZ-CBLT se sont rendues à Stockholm, en Suède, pour représenter le bassin à l’un des forums internationaux les plus influents consacrés à l’eau : la Semaine mondiale de l’eau de Stockholm 2026. Placée cette année sous le thème « L’eau au service des populations et du progrès », cette rencontre revêtait une importance particulière, constituant une étape majeure sur le chemin de la Conférence des Nations Unies sur l’eau de 2026, qui se tiendra à Abou Dhabi, ainsi que de la COP31 en Türkiye. Réunissant des gouvernements, des organisations de bassins fluviaux, des scientifiques et des partenaires au développement venus du monde entier, l’événement a offert une plateforme essentielle pour contribuer aux réflexions internationales sur l’eau et le climat. Pendant cinq jours, l’histoire, les défis et les aspirations du bassin du lac Tchad ont ainsi trouvé leur place à cette table mondiale, mettant en lumière l’engagement de la région en faveur d’une gestion durable des ressources en eau, du renforcement de la résilience et de la coopération régionale.

Représentant la Commission, le Directeur technique, M. Hycinth Sunjo Tah Banseka, a participé en tant qu’intervenant à trois sessions de haut niveau, tandis que des collègues de la CBLT et de la GIZ ont pris part à un programme particulièrement dense composé d’événements parallèles, de panels et de rencontres bilatérales.

“Lorsque les gens voient et entendent, il leur est plus facile de prendre des décisions. Sinon, nous devons constamment lutter pour les convaincre.”

Une place à la table des grands bassins hydrographiques du monde

Le Directeur technique s’est joint à plusieurs responsables d’organisations de bassins fluviaux et lacustres, notamment de la Commission du Mékong, de l’Initiative du bassin du Nil, de l’Autorité du bassin du Niger et de la Commission de l’eau du bassin de l’Okavango, à l’occasion de la session « Leaders’ Table: Resilient RBOs for People and Progress ». Cette session a permis des échanges francs sur les pressions auxquelles sont confrontées les organisations de bassins à travers le monde : variabilité climatique, insuffisance des financements et nécessité de réformes institutionnelles.

La CBLT était également à l’honneur lors de la session « Cooperation Currents – Advancing Resilience and Development through Water Cooperation », organisée par la GIZ, la Banque mondiale, l’UICN, l’IHE Delft et d’autres partenaires. Cette session portait sur un défi bien connu des organisations de bassins : comment faire comprendre les bénéfices de la coopération transfrontalière dans le domaine de l’eau à des publics qui ne travaillent pas directement dans le secteur de l’eau. Le Directeur technique, M. Hycinth Banseka, a pris part aux échanges aux côtés de représentants de l’Initiative du bassin du Nil et de la Commission de l’eau du bassin de l’Okavango. Il y a présenté la contribution de la CBLT sur les bénéfices de la coopération dans le domaine de l’eau, alimentant ainsi les discussions de la table ronde consacrées aux retombées de cette coopération en matière de paix, d’environnement, de développement régional et d’économie.

Des outils numériques au service d’un bassin en pleine mutation

L’un des temps forts de la semaine a été la session consacrée aux « Innovations numériques pour une Afrique en sécurité hydrique » (Digital Innovations for Water-Secure Africa). À cette occasion, le Directeur technique a échangé avec des représentants de la Banque mondiale, de la Commission de l’Union africaine, de la GIZ et d’autres organisations africaines de bassins sur la manière dont les satellites d’observation de la Terre et l’intelligence artificielle transforment la gestion de l’eau à travers le continent. De l’outil WAD du Kenya à l’initiative DIWASA de l’IWMI, la délégation a pu découvrir concrètement comment des plateformes fondées sur les données permettent aux bassins d’améliorer leurs capacités de planification et de prise de décision. Autant d’enseignements dont la CBLT pourra s’inspirer alors qu’elle renforce ses propres capacités de suivi et de planification pour le bassin du lac Tchad.

Face à l’ère de la « faillite hydrique »

La délégation a également participé au lancement d’un rapport majeur intitulé « Global Water Bankruptcy: Living Beyond Our Hydrological Means » (Faillite hydrique mondiale : vivre au-delà de nos capacités hydrologiques), présenté par le Professeur Kaveh Madani, lauréat du Stockholm Water Prize 2026. Son constat, selon lequel de nombreuses régions consomment désormais l’eau plus rapidement que la nature ne peut la renouveler, a particulièrement résonné auprès d’une délégation représentant un bassin dont le lac a connu une diminution spectaculaire au cours des dernières décennies. Cette session a rappelé l’urgence de disposer d’une comptabilité transparente des ressources en eau et d’une gouvernance équitable, des principes qui sont depuis longtemps au cœur du travail de la CBLT.

Préparer la voie vers les Pays-Bas

En marge de la conférence, l’équipe de la CBLT et de la GIZ-CBLT a rencontré la Professeure Susanne Schmeier de l’IHE Delft Institute for Water Education afin d’échanger sur une proposition de voyage d’étude qui permettrait à des experts techniques de la CBLT et de ses États membres de se rendre aux Pays-Bas. L’objectif serait de combiner des sessions de formation théorique avec des visites d’infrastructures néerlandaises de gestion des inondations et de solutions fondées sur la nature, telles que le programme « Room for the River » (Redonner de l’espace à la rivière). L’idée est de permettre aux experts qui seront amenés à évaluer et à défendre les investissements de la CBLT dans la gestion des inondations d’observer directement des solutions comparables et de mieux en apprécier les possibilités d’adaptation au contexte du bassin. Les deux parties travaillent désormais à l’organisation de cette mission d’étude, initialement envisagée pour mars 2026.

La rencontre a également ouvert la voie à un partenariat de partage des connaissances entre la plateforme de gestion des connaissances de la CBLT, LIS, désormais reliée à plus de 15 universités du bassin, et la communauté scientifique de l’IHE Delft. Les échanges ont par ailleurs fait émerger un constat important : l’histoire institutionnelle de la CBLT, notamment les origines de sa coopération multinationale en matière de sécurité, mérite elle aussi d’être documentée avant que certains éléments de cette mémoire ne disparaissent avec le temps.

Un bassin qui fait entendre sa voix à l’échelle mondiale

Au-delà des principales sessions, la délégation a tenu plusieurs autres rencontres bilatérales, notamment avec l’Autorité du bassin du Niger (ABN), réaffirmant ainsi les liens étroits qui unissent les organisations africaines de bassins transfrontaliers alors qu’elles se préparent à la prochaine grande échéance de l’agenda mondial de l’eau : la Conférence des Nations Unies sur l’eau de 2026 à Abou Dhabi.

Pour une Commission dont le bassin a trop souvent été défini à travers le prisme de la crise, la Semaine mondiale de l’eau de Stockholm 2026 a constitué une occasion de parler plutôt de solutions, de coopération, de résilience et des enseignements durement acquis dans la gestion partagée et transfrontalière des ressources en eau.

Alors que la délégation préparait son retour, un message l’accompagnait : le monde regarde le lac Tchad et, de plus en plus, il est aussi à son écoute.

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