Climat

Photo LaCBO, 2012Le Bassin du Lac Tchad

Le climat du Bassin du Lac Tchad est globalement de type tropical où il existe 4 zones climatiques correspondant à différents types d’isohyètes Le bassin appartient à la zone à dominance sahélienne à subdésertique  où des pluies de mousson décroissent du sud vers nord, moins de 100 mm par an au nord - au Tchad, en Libye et en Algérie – à 1 500 mm par an au sud du bassin – au sud du Tchad et en République Centrafricaine. Localement, il est classé dans quatre sous-types à savoir (en allant du Nord au Sud):

  • Le climat saharien caractérisé par moins de 100 mm de pluies par an;
  • Le climat sahélo-saharien avec une précipitation moyenne annuelle comprise entre 100 mm et 400 mm ;
  • Le climat sahélo-soudanien, plus humide avec une précipitation moyenne annuelle comprise entre 400 mm à 600 mm ;
  • Le climat soudano-guinéen avec une précipitation moyenne annuelle comprise entre 600 mm à 1 500 mm.

L'écart de température y est important, la température est basse au cours de la saison des pluies et les nuits pendant la saison sèche. Les saisons sèches y sont généralement longues, environ 8 mois. Les précipitations sont peu élevées et sont réparties en peu de jours.

Positions de la ZCIT en  Octobre 2012 (1ère décade)Les écarts pluviométriques sont importants à l'intérieur des zones géographiques couplées au nombre de jours de pluies limité et aux fluctuations ponctuelles et locales de la durée de la saison sèche. L'humidité relative est assez basse et varie inversement avec l'altitude.

L'évaporation potentielle est assez élevée et de loin supérieure à la pluviométrie et ainsi peut justifier le déficit en eau dans certaines partie du bassin.

Les caractéristiques climatiques du bassin du Lac Tchad, à savoir : temps d’ensoleillement, humidité de l’air, température, évapotranspiration et pluviosité, sont influencés par le déplacement saisonnier de la Zone intertropicale de Convergence (ZCIT). Elle souligne les zones d’influence des masses d’air équatorial maritime humide (Alizés), et des masses d’air tropical continental sec (Harmattan). La situation climatique des années 70 à 80 (période exceptionnellement sèche) illustre une migration du ZCIT vers le Sud du bassin. Les années humides, période allant jusqu’aux années 60 indiquent plutôt le maintien de la saison pluvieuse plus longuement grâce à la remonté du ZCIT vers le Nord.

A cause du déplacement du ZCIT, la position des isohyètes caractéristiques de chaque région peut se retrouver ainsi décalée  de plusieurs centaines de km vers le Sud ou vers le Nord du bassin. De la même manière, les diagrammes des précipitations mensuelles peuvent se modifier, de telle sorte que tout changement de la pluviosité annuelle soit dû à une augmentation ou à une diminution du nombre de mois pluvieux. Des anomalies prolongées de la ZCIT peuvent ainsi être la cause de graves inondations ou de sécheresses dans le bassin du Lac Tchad, situé comme on le sait dans la zone intertropicale.

Comment alors les climats locaux se caractérisent-ils dans chaque pays membre de la CBLT ?

Le Tchad

Photo LaCBO, 2012 au TchadAu Tchad, la moyenne pluviométrique du pays (322 mm/an) est très peu représentative, du fait de la forte variabilité géographique des précipitations, qui s'accompagne d'une forte variabilité interannuelle avec des sécheresses très fréquentes. Pays continental, le Tchad comprend trois grandes zones agro-climatiques du nord au sud où la répartition des ressources naturelles en eau, en terre et en biomasse est très variée. Ce sont:

  • La zone saharienne avec une pluviométrie inférieure à 300 mm à la frange du désert au nord, tandis que les pluies deviennent épisodiques d ans tout le reste de la zone. Elle couvre près de 47 pour cent de la superficie totale du pays.
  • La zone sahélienne où la pluviométrie est comprise entre 300 et 600 mm/an au centre du pays. Elle couvre environ 28 po ur cent de la superficie totale.
  • La zone soudanienne, caractérisée par une pluviométrie supérieure à 600 mm/an (et atteignant parfois 1 200 mm vers la pointe sud), occupant 25 pour cent de la superficie totale.

Les maxima des pluies dans l’année se situent en juillet/août. On distingue deux saisons pour les zones sahélienne et soudanienne:

  • Une saison des pluies de juin à septembre;
  • Une saison sèche d’octobre à mai.

L’évapotranspiration atteint parfois 3 000 mm dans certaines régions. Les températures moyennes mensuelles sont de 28°C à 42°C le jour, selon les mois, pouvant toutefois chuter la nuit à 14°C. Au nord les températures varient de 13°C à 29°C en janvier et de 25°C à 44°C en mai. Au sud les températures s’établissent entre 15°C à 34°C en janvier et entre 23°C à 35°C en mai.

La République Centrafricaine

Photo LaCBO, 2012 en RCAEn République Centrafricaine, le climat est de type tropical humide au sud et sec au nord (bassin du Lac Tchad), avec une saison sèche (de novembre à avril) et une saison des pluies (de mai à octobre). On observe quatre zones agro-écologiques dont trois se situent dans le bassin:

  • La zone forestière ou équatoriale dans le sud-ouest est le prolongement de la zone équatoriale de la cuvette congolaise des deux Congo. La pluviométrie y est abondante (de 1 500 à 1 800 mm/an) et la végétation luxuriante. C’est la zone des cultures pérennes: café, cacao, palmier à huile, banane plantain, etc;
  • Vers le nord, la zone soudano-guinéenne, ou tropicale humide au centre, avec une pluviométrie annuelle entre 1 100 et 1 500 mm. Dans cette zone sont produites les cultures vivrières (manioc, igname, etc.);
  • La zone soudano-sahélienne vers le nord, avec des précipitations allant de 800 à 1 100 mm;
  • La zone sahélienne, caractérisée par l’instabilité de la pluie et les sécheresses fréquentes.

La température moyenne se situe entre 25°C et 26°C et l’humidité relative est de 80 pour cent à Bangui contre de 57 pour cent à Birao, une ville située dans le bassin.

Photo LaCBO, 2012 au CamerounLe Cameroun se divise en trois grandes zones climatiques:

  • La zone soudano-sahélienne s’étend au-delà de 10° de latitude nord. Elle se caractérise par une saison sèche de sept à neuf mois, et des précipitations peu abondantes variant de 900 à 300 mm/an du sud vers le nord. La végétation est aussi variée que le relief et le climat, elle passe de la forêt équatoriale (qui couvre 40 pour cent du pays) au sud à la savane puis à la steppe au nord. La température moyenne annuelle dépasse 28°C dans l’extrême nord, décline assez régulièrement jusqu’à l’Adamaoua, exception faite des monts Mandara plus frais, et de la zone de Garoua au contraire plus chaude.
  • La zone soudanienne s’étend du 7° au 10° de latitude nord. La saison sèche dure ici de cinq à six mois. On y observe une température moyenne de 22°C, et 1 000 mm de pluie tombent durant l’année.
  • La zone équatoriale s’étend de 2° à 6° de latitude nord et se caractérise par des précipitations abondantes atteignant une moyenne annuelle de 2 000 mm. La température moyenne se situe autour de 25°C.

Le Cameroun est abondamment arrosé. La hauteur moyenne annuelle de pluie des 10 dernières années a été d’environ 1 600 mm, mais elle est irrégulière sur l’ensemble du pays. Dans le nord, les minima de température se rencontrent en décembre-janvier et les maxima en mars-avril. Au sud, les minima (très relatifs) sont en juillet-septembre. L’évapotranspiration potentielle varie entre 2 200 mm/an dans l’extrême nord et 1 200 mm/an dans la partie sud du pays.

Le Nigeria

Photo LaCBO, 2012 au NigeriaAu Nigeria, le climat est semi-aride dans le nord et humide au sud. Sauf pour une bande ultra-humide le long de la côte avec les précipitations moyennes de plus de 2 000 mm / an, où il pleut presque toute l'année, le régime des précipitations est marqué par différentes saisons sèches et humides. Les pluies sont concentrées dans la période de Juin à Septembre. La carence en précipitations annuelles totales est un problème dans certaines régions du pays, en particulier dans les régions du nord. Cependant, dans la plupart des autres régions, les problèmes majeurs sont la distribution spatio-temporelle de la pluviométrie et sa faible fréquence. Les précipitations annuelles moyennes sur l'ensemble du pays est estimé à 1 150 mm. Soit,  environ 1 000 mm dans le centre du pays et de 500 mm dans le nord-est. L’évaporation (bac) moyenne annuelle est de 2 450 mm dans le sud-est, 2 620 mm au centre et 5 220 mm dans le nord du pays, notamment dans le bassin.

Photo LaCBO 2012, au NigerLe climat du Niger est de type sahélien caractérisé par une longue saison sèche de huit à 10 mois (d’octobre à mai), une courte saison des pluies qui dure trois ou quatre mois (juin à septembre) et une importante variation du nombre de jours de pluie du nord au sud, où la pluviométrie annuelle est comprise entre moins de 100 mm et 700-800 mm, divisant ainsi le pays en quatre zones climatiques:

  • La zone saharienne (65 pour cent du territoire national) avec des précipitations inférieures à 100 mm/an. La température avoisine en moyenne les 35°C et le climat est désertique;
  • La zone sahélo-saharienne (12.2 pour cent du territoire national) avec des précipitations annuelles comprises entre 100 et 300 mm. Le climat est subdésertique;
  • La zone sahélo-soudanienne (12.9 pour cent du territoire national) avec un domaine sahélien au nord, où les précipitations annuelles varient de 300 et 600 mm, et un domaine soudanien au sud;
  • La zone soudanienne (0.9 pour cent du territoire national) qui reçoit plus de 600 mm/an.

Le domaine sahélien est caractérisé par une végétation passant par des formations contractées ou arbustives claires au nord, à des formations plus diffuses et arborées au sud. Le domaine soudanien comprend une végétation de savane qui se distingue par une strate herbacée continue où dominent les graminées vivaces et une strate ligneuse renfermant des arbustes et des arbres. Au cours de ces dernières décennies, une sécheresse persistante a accéléré l’avancée du désert qui est passée de 66 à 77 pour cent de sa superficie. L’indice le plus révélateur demeure l’assèchement du fleuve Niger auprès de la capitale Niamey, lorsqu’il cessé de couler en 1985. La température moyenne annuelle atteint 29°C, et l’ETP est très élevée (2 114 mm/an à Tillabéry) et supérieure aux précipitations à l’exception du mois d’août.

La Libye

En Libye, les conditions climatiques sont influencées par la Méditerranée au nord et le désert du Sahara vers le sud, ce qui entraîne une transition brusque d'un type de temps à autre. Les grandes divisions climatiques suivantes peuvent être établies de la manière suivante :

  • La bande côtière de la Méditerranée, avec des étés secs et des hivers relativement humides;
  • Le Natusah Jabal Akhdar et Jabal montagnes connaissent un climat de plateau avec des pluies plus abondantes, une humidité et des températures hivernales basses, y compris la neige sur les collines;
  • Allant vers le sud à l'intérieur du pays, zone sub-désertiques et désertiques : conditions climatiques prévalent, avec des températures extrêmes et de grandes variations de températures journalières. La pluie est rare et irrégulière et diminue progressivement vers zéro.

Les précipitations annuelles sont extrêmement faibles, avec environ 93 pour cent des terres qui reçoivent moins de 100 mm / an de pluie. Les plus fortes précipitations se produisent dans la région nord de Tripoli (Jabal Nafusah et Jifarah ordinaire) et dans la région nord de Benghazi (Jabal al Akhdar). Ces deux régions sont les seules où la pluviométrie annuelle moyenne variant entre 250-300 mm est considérée comme vitale pour soutenir une agriculture pluviale. Les précipitations se produisent pendant les mois d'hiver, mais on observe qu’elle sont très variable d’un lieu à un autre et également d’une année à l’autre. La précipitation annuelle moyennes pour l’ensemble du pays est de 26 mm

Le Soudan

Le Soudan a un climat tropical sub-continental, qui se caractérise par un large éventail de variations s'étendant du climat désertique dans le nord à travers une ceinture de pluie d'été à un climat équatorial à l'extrême sud. Les précipitations moyennes annuelles sont de 416 mm, mais elle se situe entre 25 mm dans le nord sec et plus de 1 600 mm dans les forêts tropicales humides du sud. Le pays peut être divisé en trois zones selon le régime des précipitations:

  • Les précipitations annuelles dans la moitié nord du Soudan varient de 200 mm dans le centre du pays vers le nord à 25 mm vers la frontière avec l'Egypte. La saison des pluies est limitée entre 2-3 mois avec le reste de l'année pratiquement sec. Les précipitations se produisent généralement par des averses isolées, qui varient considérablement dans le temps et l’espace. Le coefficient de variation des précipitations annuelles dans la moitié nord du pays pourrait être aussi élevée que 100 pour cent.
  • Dans le centre du pays, les précipitations annuelles ne dépassent guère 700 mm,  concentrées dans seulement quatre mois, de Juillet à Octobre. Les précipitations annuelles moyennes de cette région se situent entre 300-500 mm. L'agriculture pluviale au Soudan est principalement pratiquée dans cette période. Comme le coefficient de variation des précipitations annuelles dans cette région est d'environ 30 pour cent et la saison sèche s'étend sur environ huit mois, la superficie cultivée et la productivité varient considérablement d'une année à l'autre.
  • Dans le Sud du pays, où la pluviométrie annuelle est supérieure à 700 mm et pouvant aller jusqu'à 1 600 mm, la région est dominée par de vastes zones humides dont certaines parties sont infestées par des insectes qui sont dangereux pour les humains et le bétail.

Les  températures moyennes varient de 30ºC à 40ºC en été et de 10ºC à 25ºC en hiver. L’ETP annuelle varie de 3 000 mm dans le nord à 1 700 mm dans l'extrême sud. La plupart des activités agricoles sont concentrées dans le centre du pays, généralement dans la zone semi-aride savane sèche, à travers lesquels le Nil Bleu et la rivière Atbara. La saison de culturale dans la région est d'environ quatre mois. Le principal facteur limitant n'est pas le potentiel agricole, mais la courte durée de la saison des pluies et la distribution irrégulière des précipitations pendant la période de culturale.

Positions de la ZCIT en  Octobre 2012 (1ère décade)
Photo LaCBO, 2012 au Tchad
Photo LaCBO, 2012 au Cameroun
Photo LaCBO, 2012 en RCA
Photo LaCBO, 2012 au Nigeria
Photo LaCBO 2012, au Niger
Photo LaCBO, 2012